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Passion et confiance : Les atouts d’une transmission d'entreprise réussie

Fiduciaire Actualités | Lettre d'information juillet 2016

Selon plusieurs études, seule 1 entreprise familiale sur 10 est toujours exploitée par la troisième génération. A peine 3% des échecs en matière de transmission d'entreprise ont une cause financière, juridique ou fiscale. Les 97% restants trouvent leurs causes dans une  mauvaise communication, une erreur de répartition des rôles, des raisons émotionnelles, un manque de leadership, un manque d'expérience, etc.

Pourquoi le  processus de transmission d'entreprise est-il si difficile ?

Bien que les causes d'échec soient souvent multiples, il existe quatre sources principales de difficultés. La première provient des situations d'urgence, telle que le  décès inopiné du dirigeant qui confronte  les personnes concernées à de nombreuses législations, telles que les droits de succession, le droit successoral et le démembrement de la propriété qui peut en découler, le transfert du contrôle et du droit de vote à des personnes qui n'y sont pas préparées, etc. Toute entreprise  devrait donc toujours disposer d'un plan B.

La complexité du processus de transmission, dans lequel différents facteurs tels que le moment choisi pour la transmission, le secteur d'activité, le contexte familial, etc. jouent un rôle important, constitue une deuxième source de difficultés. La troisième source est le manque d'expérience. La moitié des entreprises qui sont confrontées à une reprise dans les cinq ans ne savent pas qui sera le futur directeur de l'entreprise, ni le(s) futur(s) propriétaire(s).Enfin, les émotions (familiales) conduisent souvent le dirigeant à remettre les choses à plus tard et constituent la quatrième source de difficultés. Pourtant, même si les familles souhaitent éviter les conflits, considérés comme trop négatifs, ceux-ci constituent parfois une opportunité pour mieux comprendre et renforcer les relations familiales et ainsi favoriser la transmission de l'entreprise.

Rationnel vs émotionnel

L'entreprise familiale concentre en son sein différents intérêts qui se chevauchent et s'influencent mutuellement: la famille, l'entreprise et le propriétaire des actions. La famille aspire à l'harmonie alors que l'entreprise vise les bénéfices et le propriétaire recherche une plus-value. Le système rationnel de l'entreprise s'oppose donc au système émotionnel de la famille tandis que la propriété et l'actionnariat naviguent entre les deux systèmes. Les différentes parties concernées sont ainsi parfois amenées à remplir un, deux, voire trois rôles: celui de la famille, du propriétaire et/ou du directeur/gérant. Cette multiplicité des rôles peut générer des conflits d'intérêts.

Une bonne communication est prépondérante

La confiance est l'une des conditions indispensable pour une communication efficace. C'est sur la confiance que reposent les relations. La confiance entre les membres de la famille en tant que tels est plutôt forte, parce qu'ils peuvent s'identifier à la famille et à l'entreprise familiale. Cette confiance forte, qui nécessite souvent davantage d'efforts pour s'instaurer dans les relations entre étrangers, favorise la transmission de l'entreprise. La confiance ne doit cependant pas céder la place à une confiance aveugle, où le cédant imagine que tout est réglé.

La gestion des émotions joue également un rôle important en matière de communication. Créer une entreprise requiert beaucoup de passion et d'efforts. Une entreprise familiale doit donc reposer sur une passion partagée. Une passion que le directeur-fondateur-propriétaire partage avec sa famille, ses enfants et ses petits-enfants. Une passion que l'on peut partager dans divers forums familiaux, lors de réunions de familles périodiques, avec ou sans les beaux-enfants, les jeunes adultes ou les petits-enfants.

​ Communiquer avec passion et raison sur l'entreprise familiale et son importance pour le bonheur et le bien-être de la famille favorise la cohésion familiale et la confiance, Le renforcement de cette cohésion et de cette confiance engendre inévitablement un impact positif sur le processus de transmission.            

 

 Vincent Trevisan, vtrevisan@deloitte.com

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