Posted: 17 Apr. 2020 5 Temps de lecture

Contraction en Chine au premier trimestre, les PME canadiennes sont toujours à risque, plus de télétravail, plus de mesures fiscales

Au premier trimestre de 2020, l’économie chinoise a reculé pour la première fois depuis quarante ans. La pandémie de COVID-19 a entraîné une contraction économique de 6,8 pour cent par rapport à l’année dernière. Les investissements fixes et la consommation ont chuté. Le taux de chômage dans les centres urbains a augmenté de près d’un point de pourcentage pour atteindre 6,2 pour cent en février. Le gouvernement chinois a commencé à injecter des liquidités dans son système bancaire pour stimuler les prêts aux entreprises en difficulté; il a également déployé des allègements fiscaux d’une valeur de 1,6 billion de renminbis (226 milliards de dollars américains). Les résultats du premier trimestre ont été négatifs, mais les dirigeants chinois ont depuis rouvert les usines et les magasins dans les villes, notamment Wuhan, foyer d’infection du coronavirus. L’activité économique s’est améliorée, mais elle n’est pas encore revenue à la normale.

Pour en savoir plus sur les perspectives de la Chine et son expérience liée à la pandémie, inscrivez-vous à notre webinaire économique (en anglais seulement) qui aura lieu le mardi 21 avril à 11 h, HE. Ce webinaire s’adresse à tous ceux et celles qui sont intéressés.  

Au pays, la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) transmet des sondages hebdomadaires à ses membres. Celui du 15 avril a permis de recueillir les réponses de 10 969 entreprises. Le résultat qui m’a le plus marqué est le suivant : 44 pour cent des répondants estiment que leur entreprise ne survivra pas si les mesures de confinement sont maintenues jusqu’à la fin du mois de mai. Le sondage offre de nombreuses perspectives intéressantes; je vous invite à le consulter sur le site web de la FCEI.

Statistique Canada a publié des données sur le travail à domicile. Environ 4,7 millions de Canadiens qui ne travaillent habituellement pas à leur domicile l’ont fait durant la semaine du 22 au 28 mars. La question de savoir combien de travail peut être effectué à domicile est cruciale pour la reprise économique et la croissance au Canada. La plus récente Enquête sur la population active révèle que les pertes d’emploi les plus importantes touchent des postes dans les domaines de la vente et des services, où les possibilités de travailler à domicile sont limitées. En revanche, on peut s’attendre à une plus grande résilience dans les emplois dans des domaines où le travail à domicile est plus possible, comme la gestion, les sciences naturelles et appliquées, les affaires, la finance et l’administration.

Sur le plan des annonces du gouvernement fédéral, un programme longtemps attendu pour venir en aide au secteur énergétique a été annoncé aujourd’hui. Dans le cadre de ce programme, le gouvernement versera 2,4 milliards de dollars afin d’aider les travailleurs mis à pied à nettoyer les puits orphelins et à stopper les fuites de méthane. « Le but est de créer jusqu’à 10 000 emplois dans le secteur énergétique, qui est durement touché. » Cette aide est bénéfique, car non seulement elle soutient le secteur pétrolier, mais s’attaque également à un problème environnemental. Toutefois, les prix du pétrole et du gaz, qui demeurent faibles, porteront un coup très dur à l’économie, et le secteur énergétique continuera de connaître des difficultés dans les trimestres à venir.

Le gouvernement fédéral canadien offre également un soutien financier de 250 M$ au secteur des technologies grâce à son Programme d’aide à la recherche industrielle qui fait partie d’un nouveau financement de 1,2 G$ pour les entrepreneurs. C’est une annonce digne de mention puisque nous avons souligné ces derniers jours que les entreprises en démarrage ne pourraient probablement pas profiter des programmes gouvernementaux précédents et que certaines sociétés technologiques n’ont pas toujours des revenus stables.

La Colombie-Britannique offre un allégement accru aux entreprises en réduisant la plupart des comptes d’impôts fonciers commerciaux d’en moyenne 25 pour cent. Pour les entreprises, elle abaisse davantage le taux des impôts fonciers scolaires des immeubles commerciaux pour atteindre une réduction moyenne de 25 pour cent du compte d’impôts fonciers total de la plupart des entreprises, offrant un allégement pouvant atteindre 700 M$. La Colombie-Britannique reporte également la date à laquelle s’appliquent les pénalités de retard de paiement pour les immeubles commerciaux au 1er octobre 2020, afin de laisser plus de temps aux entreprises et aux propriétaires de payer leurs impôts fonciers réduits sans pénalité.

Une autre dimension des difficultés économiques engendrées par la COVID-19 est l’incidence sur les municipalités qui ont parfois moins de flexibilité fiscale. La Colombie-Britannique offre un soutien aux gouvernements locaux grâce à de nouvelles mesures pour pallier les manques à gagner au titre des flux de trésorerie et des revenus, incluant : la possibilité pour les gouvernements locaux d’emprunter, sans intérêt, à même leurs réserves de capital existant pour les aider à payer les charges opérationnelles comme les salaires des employés. Les gouvernements locaux peuvent également reporter les paiements des taxes scolaires provinciales jusqu’à la fin de l’année. Ces mesures devraient aider et fournir une plus grande flexibilité aux gouvernements locaux de reporter la dette pour une année supplémentaire.

Le Québec accorde un montant de 1,3 M$ à l’entreprise Ferme d'hiver pour développer une technologie novatrice visant à améliorer l’autosuffisance alimentaire. Cet investissement s’ajoute aux mesures mises en place par le gouvernement du Québec depuis le début de la crise afin de stimuler les achats locaux.

Perspectives économiques

Un aperçu régulièrement mis à jour par les Services économiques de Deloitte qui fournit des commentaires de l’économiste en chef Craig Alexander sur les derniers événements qui façonnent les économies canadienne et mondiale, incluant la croissance économique, les investissements d’entreprises, le commerce et l’activité sur les marchés. Notre analyse vous donne les connaissances nécessaires pour régler les problèmes d’affaires actuels les plus difficiles.

À propos de l’auteur

Craig Alexander

Craig Alexander

Économiste en chef et Conseiller de direction

Craig Alexander est le premier économiste en chef de Deloitte Canada, et il possède plus de vingt ans d’expérience dans le secteur privé à titre de cadre supérieur et d’économiste en chef dans les domaines de l’économie appliquée et des prévisions économiques. M. Alexander a effectué des recherches macroéconomiques et des analyses régionales et sectorielles, ainsi que des prévisions et de la modélisation relatives aux marchés fiscaux. Il est également un conférencier passionné, et il est titulaire d’un diplôme d’études supérieures en économie de l’Université de Toronto.