Posted: 02 Apr. 2020 5 Temps de lecture

Notre tableau de bord de la reprise économique après la COVID-19

Deloitte décrit les étapes de la crise actuelle de la façon suivante : Réagir (étape où les organisations doivent réagir face à la crise), Assurer la reprise (étape où des mesures sont prises pour renforcer les organisations) et Prospérer (étape après la pandémie où les organisations renouent avec le succès). Nous savons qu’il est actuellement difficile de penser à autre chose qu’à la crise, mais nous sommes convaincus que les leaders doivent réfléchir à ces trois dimensions en même temps. Dans cette optique, nous avons conçu le tableau de bord de la reprise économique après la COVID-19. Ce tableau surveille les résultats sur la santé, les données non traditionnelles de fréquence élevée, les séries financières et les indicateurs économiques.

Les statistiques les plus importantes durant une crise sanitaire sont de toute évidence les statistiques sur la santé qui montreront si le Canada et le reste du monde réussissent à infléchir la courbe. Même s’il est important de ne pas perdre de vue les principaux indicateurs économiques, ceux-ci ne suivront pas nécessairement l’évolution rapide de la situation, car ils sont décalés. C’est pourquoi la deuxième statistique la plus importante que nous devons suivre durant la pandémie est celle des indicateurs non traditionnels de haute fréquence – par exemple, le sentiment des médias, le trafic commercial, la circulation piétonnière, etc. Ces indicateurs signaleront sans doute un tournant décisif dans la crise avant de nombreux indicateurs économiques et financiers, mais ces derniers sont aussi très importants pour évaluer le bien-être économique.

Vous pouvez accéder au tableau de bord (en anglais) à www.deloitte.ca/covid-dashboard

Par ailleurs, les dernières statistiques sur les ventes de véhicules au Canada et les données hebdomadaires sur les demandes d’assurance emploi aux États-Unis démontrent que les économies des deux pays sont entrées en récession.

Au Canada, les ventes de véhicules ont piqué du nez en mars, reculant de 48 pour cent par rapport à février. Comme les données de mars englobent les semaines qui ont précédé l’arrêt complet de l’activité économique, une diminution encore plus marquée est à prévoir dans les données qui suivront en avril. 

Aux États-Unis, le nombre de demandes d’assurance emploi a fait un nouveau bond. En effet, 6,65 millions de travailleurs américains ont déposé une demande de prestations la semaine dernière, c’est deux fois plus que le record de 3,31 millions de la semaine précédente. Ces données confirment les prévisions selon lesquelles le taux de chômage franchirait le cap des 10 %. Précisons toutefois que les données sur l’emploi sont des indicateurs tardifs et que le rapport de la semaine prochaine ne brossera qu’un tableau partiel de la situation de l’emploi. Le sondage étant réalisé au milieu du mois, les données ne tiendront pas compte de l’augmentation du nombre de demandes de prestations d’assurance emploi. 

Ces deux dernières semaines, on estime à 2,1 millions le nombre de Canadiens qui ont fait une demande d’assurance emploi.

Nous avons aussi reçu les données sur les échanges commerciaux du Canada et des États-Unis. Compte tenu du fait qu’elles portent sur le mois de janvier et compte tenu du ralentissement observé en mars, ces données ne sont pas d’une très grande pertinence, mais elles laissent tout de même voir les effets de la faiblesse de l’économie chinoise. Par exemple, les exportations canadiennes ont augmenté de 0,5 pour cent en janvier, mais les exportations vers les pays autres que les États-Unis ont diminué de 5,3 pour cent.

Sur la scène politique, les raisons pour lesquelles le gouvernement fédéral tarde tant à publier des prévisions nationales complètes sur l’ampleur de la propagation du virus ainsi que le temps qu’il faudra pour que la vie reprenne un semblant de normalité au pays ont monopolisé la période de questions suivant la conférence de presse quotidienne du premier ministre Trudeau. Le premier ministre Trudeau a indiqué qu’il aurait « bientôt » des réponses à ces questions.

Dans notre communication d’hier, il manquait l’information importante suivante : la mise en place du programme de subventions salariales pourrait demander entre trois et six semaines, ce qui pourrait représenter un long délai pour certaines entreprises.

D’ici là, les provinces vont continuer de déployer de nouvelles initiatives pour faire face à la crise sanitaire et économique. Voici, à ce titre, les principales annonces de la journée :

Une ordonnance du gouvernement de l’Alberta visant à autoriser la Commission de commercialisation du pétrole de l’Alberta (APMC) à emprunter jusqu’à hauteur de 2 milliards de dollars a été promulguée. Cette autorisation permettra à l’APMC d’acheter des actions, de contracter des prêts, de prendre part à des coentreprises ou à des partenariats, de fournir des indemnités ou des garanties, ou de constituer ou d’acquérir une ou plusieurs filiales en vue du développement d’un projet d’oléoduc d’hydrocarbures.

Durant la période où l’épidémie de COVID-19 sévira, la Colombie-Britannique réduira la charge des factures d’électricité, notamment celles des entreprises. Les petites structures qui ont été contraintes de cesser leurs activités en raison des mesures de prévention seront ainsi dispensées de payer leurs factures d’électricité entre avril et juin 2020. Quant aux plus grandes entreprises, comme les usines de pâtes et papiers et les mines, elles auront la possibilité de reporter de trois mois le paiement de 50 % du montant de leurs factures. Enfin, BC Hydro a réduit ses tarifs le 1er avril 2020, ce qui n’était pas arrivé depuis des décennies. Par ailleurs, l’unité provinciale de coordination de la chaîne d’approvisionnement (BC Provincial Supply Chain Coordination Unit) a développé et conçu en Colombie-Britannique, en partenariat avec les entreprises du secteur, une plateforme en ligne qui permettra de coordonner l’approvisionnement et l’expédition de fournitures médicales et d’équipement de protection individuelle.

Perspectives économiques

Un aperçu régulièrement mis à jour par les Services économiques de Deloitte qui fournit des commentaires de l’économiste en chef Craig Alexander sur les derniers événements qui façonnent les économies canadienne et mondiale, incluant la croissance économique, les investissements d’entreprises, le commerce et l’activité sur les marchés. Notre analyse vous donne les connaissances nécessaires pour régler les problèmes d’affaires actuels les plus difficiles.

À propos de l’auteur

Craig Alexander

Craig Alexander

Associé et économiste en chef

Craig Alexander est le premier économiste en chef de Deloitte Canada, et il possède plus de vingt ans d’expérience dans le secteur privé à titre de cadre supérieur et d’économiste en chef dans les domaines de l’économie appliquée et des prévisions économiques. M. Alexander a effectué des recherches macroéconomiques et des analyses régionales et sectorielles, ainsi que des prévisions et de la modélisation relatives aux marchés fiscaux. Il est également un conférencier passionné, et il est titulaire d’un diplôme d’études supérieures en économie de l’Université de Toronto.