Paiement mobile en Afrique

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Paiement mobile en Afrique

Un potentiel commercial à développer

Les leaders du secteur des télécoms se lancent peu à peu dans le paiement mobile pour se différencier du marché et fidéliser leurs clients. Ils se sont rapidement rendu compte que ce service financier constituait une source de revenu à fort potentiel. Avec la baisse des prix des services mobiles, le m-payment est de plus en plus accessible. Pourtant aujourd’hui, certaines barrières mériteraient d’être levées.

Une évolution réglementaire incontournable


Parmi les facteurs exogènes bloquants, les contraintes réglementaires sont celles qui pèsent le plus sur le développement du paiement mobile. L’absence de réglementation claire en matière de paiement mobile expliquerait notamment le retard de ces services au Maghreb, où certes les besoins sont différents par rapport aux pays subsahariens marqués par une bancarisation plus forte, mais où la demande est importante.


Aujourd’hui, de plus en plus de décideurs politiques et banques centrales reconnaissent l’opportunité d’utiliser les technologies de la téléphonie mobile pour promouvoir l’inclusion financière.

 

Une expérience à la manière d’un « centre commercial mobile »

Un service accessible et très simple à utiliser est essentiel pour le client final, que ce soit au moment de l’inscription, de la transaction et de la mise en contact avec les commerçants, ou lors des processus de cash-in et cash-out. Celui-ci est aussi attentif à la sécurité. L’enjeu pour les acteurs est donc de gagner sa confiance.


Enfin, un peu à la façon d’un consommateur qui se rendrait dans un centre commercial pour trouver sur place une multitude de commerçants, le client mobile est à la recherche d’un service le plus riche possible qui lui permettra de payer aussi bien sa facture d’électricité, sa course de taxi ou une note de pharmacie.

 

La mise en place d’un nouveau modèle économique

L’institution bancaire doit-elle gérer les flux financiers dans leur totalité ou a-t-elle un rôle plus restreint ? Dans certains pays, la frontière entre les services bancaires et les services de télécommunications n’est pas encore assez claire. Or, l’évolution du paiement mobile est tributaire de ce point-là et pour qu’il s’impose comme une alternative quotidienne à l’argent liquide, il manque encore un véritable écosystème marchand.

 

Franchir ce cap exigera notamment une interconnexion entre trois parties prenantes : opérateurs, banques et commerçants. Un acteur intermédiaire offrant une plate-forme de service complet jouera ce rôle de chef d’orchestre. D’autre part, la question du partage des revenus va se poser. Cela requiert de trouver un équilibre de rémunération entre l’opérateur, la banque, le fournisseur de service et le commerçant. 

La géolocalisation pour mieux répondre aux attentes des clients

Tirer parti du géomarketing constitue une opportunité de répondre au mieux aux attentes des consommateurs car il permet d’offrir le bon produit, au bon endroit, au bon moment. Malheureusement, en Afrique, la cartographie numérique n’est pas encore assez développée pour pouvoir procéder à l’exploitation digitale des « points d’intérêt ».


Passer de l’utilisation du cash à celle de crédits électroniques représente une véritable évolution des mentalités pour la plupart des économies africaines. Pourtant, le paiement mobile fait l’objet d’un engouement qui devrait se poursuivre dans les années à venir. Le transfert d’argent, souvent des villes vers les campagnes demeure l’usage principal. Mais d’autres utilisations, comme le paiement de factures ou le versement des salaires se généralisent. A ce jour, le couplage de la micro-finance et du micro-crédit avec ce service est en cours d’expérimentation.