Global Powers of Luxury Goods 2015

Point de vue

Retour sur le palmarès des champions du luxe

Global Powers of Luxury Goods 2015

Par Bénédicte Sabadie

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Avec son podium inchangé, cette édition 2015 du palmarès des champions du luxe ressemble à s’y méprendre à celle de l’an dernier. LVMH campe confortablement sur la première marche, toujours loin devant le Suisse Richemont et le géant américain des cosmétiques de luxe, Estée Lauder, qui occupent respectivement les deuxième et troisième places. S’il n’est pas certain que le diable s’habille réellement en Prada, ce dernier se cache assurément dans les détails. Et les résultats de cette édition, s’ils présentent en effet quelques similitudes avec 2014, apportent aussi leur lot de nouveautés lorsqu’on y regarde de plus près. Décryptage de notre classement des acteurs de l’industrie du luxe.

Avec 8,2 % de croissance en 2013, le secteur du luxe enregistre des performances plutôt enviables. On est toutefois loin des niveaux atteints lors de l’édition précédente. Les ventes cumulées des entreprises du palmarès tutoyaient alors les 13 % de croissance. Une baisse imputable en partie à la reprise plutôt ténue sur les marchés européen et japonais et au ralentissement de la croissance en Chine et au Brésil. Près de 2/3 des entreprises du TOP 100 ont ainsi connu une décélération de leur croissance, ce qui n’empêche pas l’ensemble des sociétés de peser pas moins de 214,2 milliards de dollars de chiffre d’affaires.

La France maintient son emprise sur le TOP 100 du classement, plaçant 3 de ses fleurons (LVMH, Kering et L’Oréal Luxe) dans les 10 premières places. Les 11 entreprises sous pavillon français représentent à elles seules 23,2 % du CA cumulé des entreprises du classement, érigeant la France en champion incontesté du Luxe. Pour autant, ce sont surtout les entreprises asiatiques qui créent la surprise. Le hongkongais Chow Tai Fook, la plus grande chaîne de bijouterie au monde, chasse ainsi l’italien Luxottica de sa 4e place tandis que 5 des nouveaux entrants du TOP 75 ont leur siège en Chine ou à Hong Kong. A noter que Michael Kors, qui affiche la croissance la plus élevée sur 3 ans (59,4 %), est enregistrée sous pavillon hongkongais bien que la majorité de ses ventes soient réalisées aux Etats-Unis.

Bénédicte Sabadie-Faure

Zoom par pays

France

Si le pays s’impose en champion mondial du luxe, la croissance du chiffre d’affaires consolidé des 11 entreprises françaises classées a connu un brutal coup de frein, passant de 19,4 % en 2012, à 2,9 %, bien en deçà de la moyenne du classement (8,2 %). En dépit de ces performances contrastées, les entreprises tricolores continuent de conserver une marge bénéficiaire nette élevée de 11,5 %, supérieure de 1,2 % à la moyenne du TOP 100. Le laboratoire Nuxe, qui fait son entrée dans le classement, affiche la plus forte croissance (16,1 %).

Chine/Hong Kong 

Avec une croissance moyenne de 33,4 %, les entreprises chinoises et hongkongaises du palmarès sont indéniablement les locomotives de cette édition. A l’exception de Chow Tai Fook, 4ème société du TOP 100, ces entreprises, toutes positionnées sur la bijouterie de luxe « accessible », sont pour l’heure souvent inconnues en Europe. En 2013, le géant chinois, s’est par ailleurs allié avec le Suisse Richemont pour distribuer en Chine continentale, les montres de l’horloger de Richemont, Baume & Mercier. Autre fait marquant : l’arrivée en force de Lao Feng Xiang, Chow Sang Sang et Luk Fok dans le TOP 25. 

Etats-Unis

Seul pays à ne pas accueillir de nouveaux entrants dans le TOP 100, les Etats-Unis font légèrement mieux que la moyenne du classement avec 9,4 % de croissance et placent 3 de leurs entreprises dans le TOP 10. Kate Spade et PVH Corp maintiennent leurs taux de croissance spectaculaires avec respectivement 60,9 % et 42 % de hausse. Des performances à nuancer toutefois car fruits d'une croissance externe.

Enfin, si le rachat par Burberry de sa licence parfum et cosmétique à Interparfums à la fin 2012 a largement entaché le CA de ce dernier, entraînant une baisse de 13,8 % de ses ventes, le parfumeur a réalisé un bénéfice net exceptionnellement élevé de 136 millions en raison de l'indemnité perçue. Interparfums a également pu compter sur les solides performances de ses marques Montblanc, Jimmy Choo et Repetto.

 

Italie 

70 % des entreprises italiennes du TOP 100 opèrent dans la haute couture et le prêt-à-porter de luxe. A l’instar de la France, la péninsule italienne connait des performances de vente en retrait par rapport au reste du classement avec une hausse qui ne se borne qu’à 4,3 % lorsque la moyenne du classement s’établit à 8,2 %.