L'entreprise en difficulté en France 2015

Communiqué de presse

62 600 défaillances d’entreprises en France en 2014 : dans l’antichambre de la reprise

Etude Deloitte/Altares « L’Entreprise en difficulté en France » 10e édition

Neuilly-sur-Seine, jeudi 19 mars 2015

Deloitte publie la 10e édition de son étude annuelle réalisée avec Altares, qui établit un bilan des difficultés des entreprises sur la période 2010-2014. Cette édition confirme, cette année encore, une situation difficile pour les entreprises françaises et la fracture persistante au sein du tissu économique. D’une part, certaines entreprises bénéficient de débouchés internationaux et sont portées par l’innovation quand d’autres présentent des fondamentaux fragiles et des difficultés récurrentes. La baisse de l’euro, la baisse du prix des matières premières et le volume de liquidités lié à la politique monétaire menée à l’échelle européenne, devraient améliorer les conditions d’une reprise.

2014 : un nombre presque toujours aussi important de défaillances

A fin octobre, le cumul des défaillances relevées sur les 12 derniers mois atteignait le chiffre encore très élevé de 63 250 (2009 et 2013 étant les deux années les plus importantes avec respectivement 63 700 et 63 100 défaillances). Le bilan à fin 2014 s’est légèrement amélioré avec au total 62 600 défaillances sur 12 mois, soit un modeste recul de 0,8 % par rapport à 2013.

 

Chiffres clés marquants :

 

  • Le niveau des défaillances a enregistré un léger recul sur l’ensemble de l’année 2014 (- 0,8 %). La baisse des défaillances se concentre plus particulièrement sur le dernier trimestre (- 5 %) avec un retrait plus marqué pour les ouvertures de redressements judiciaires (- 7 %).
  • L’évolution à la hausse du recours aux procédures de traitement amiable se poursuit en 2014 (+ 5 % par rapport à 2013), confirmant l’intérêt de l’anticipation des difficultés. 
  • Le nombre de procédures de sauvegardes est en progression constante depuis sa création en 2006, mais 2014 enregistre un léger retrait avec 1 620 procédures ouvertes (- 0,8 % par rapport à 2013).

Vulnérabilité des petites entreprises, comment enrayer cette fracture ?

La fracture observée en 2013 s’est confirmée en 2014 : TPE et PME sont encore venues grossir les rangs des défaillances, fragilisées, parfois distancées et moins capitalisées. A contrario, 2014 marque un recul des défaillances pour les entreprises de taille importante et intermédiaires, mais il est trop tôt pour parler de tendance lourde.


La réforme du droit des entreprises favorisant le mandat ad hoc et la conciliation, créant la procédure de sauvegarde anticipée ainsi que la cession forcée des titres dans le cadre d’une procédure collective, prolonge l’exercice de simplification et d’amélioration de la prévention.


« Les mauvais chiffres de 2014 renforcent la nécessité, pour les entreprises, de fournir de plus gros efforts en matière de prévention et d’anticipation des difficultés », observe Guillaume Bouclier, asoocié Financial Advisory chez Deloitte.

 

Vers un alignement des conditions d’une reprise ?

Du côté du financement, les signaux sont aujourd’hui plus positifs : les liquidités sont importantes et les conditions d’accès aux crédits de trésorerie et aux crédits d’investissement des PME continuent de s’améliorer ; d’importantes mesures ont également été prises pour favoriser les conditions dans lesquelles les banques se refinancent auprès de la BCE.


De nouveaux outils sont ou seront mis également à la disposition des PME, qui n’existaient pas encore il y a peu : les bons de caisse du projet de loi Macron, le financement et contre-garanties bancaires par la BPI, le pacte de responsabilité, entre autres. S’ajoutent à ces instruments des conditions de change avantageuses et une baisse des prix du pétrole, salutaires pour les entreprises, notamment celles tournées vers l’international.


Malgré tout, les conditions de redémarrage ne sont pas totalement réunies. S’il existe indéniablement une incitation à faire du crédit, le déficit important de la demande, le défi chronique sur la compétitivité et le retard de certains investissements sont encore de très sérieuses préoccupations.

 

« Si des signaux positifs existent indubitablement aujourd’hui, les réussites des PME et TPE restent contrastées. La pleine mesure des effets du CICE n’interviendra qu’en 2015, tout comme le pacte de responsabilité. Les perspectives de reprise pour 2015, même si elles sont plutôt encourageantes, devraient rester élitistes et la fracture économique entre faibles et forts continuera probablement de se creuser avant que ne s’installe la reprise tant attendue » conclut Vincent Batlle, Associé Financial Advisory responsable du pôle Transactions chez Deloitte.

Contacts

Sarah Panchbhaya - Relations Presse Deloitte - + 33 (0)1 55 61 48 65

Benjamin Sasu - Agence Rumeur Publique - + 33 (0)1 55 74 52 37

Méthodologie

Deloitte Finance a interrogé un échantillon de quinze tribunaux de commerce ou chambres commerciales de tribunaux de grande instance (Aix-en-Provence, Bordeaux, Lille, Lyon, Montpellier, Nantes, Nice, Strasbourg, Toulouse et six tribunaux d’Ile-de-France*) sur leur activité en matière de traitement amiable.
Altares a collecté l’ensemble des jugements auprès des greffes des tribunaux de commerce ou des chambres commerciales des tribunaux de grande instance. Licencié du BODACC (Bulletin officiel d’annonces civiles et commerciales) depuis 1987, Altares diffuse des statistiques sur les ouvertures de procédures collectives issues de sa propre base de données, en comptabilisant les jugements dès leur enregistrement, le plus souvent quelques semaines avant leur publication.
(*) Paris, Nanterre, Bobigny, Créteil, Meaux et Versailles
Deloitte Finance et Altares ont analysé l’origine des dossiers de prévention instruits par les tribunaux et le volume d’ouverture de procédures amiables rendues entre 2010 et 2014 ainsi que les ouvertures de procédures collectives par secteur d’activité, âge, situation géographique et nombre de salariés entre 2010 et 2014.
Les défaillances sont comptabilisées à la date du jugement et non à la date de publication de l’information.


Etude réalisée en collaboration avec Altares.

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