Communiqué de presse

Les leviers de l’efficacité énergétique en Europe

Etude Deloitte

Neuilly-sur-Seine, mardi 19 juillet 2016

L’Union européenne consomme 11% de l’énergie mondiale et importe la moitié de sa consommation pour un coût annuel supérieur à 400 milliards d’euros. L'efficacité énergétique pourrait réduire cette dépendance et ce coût, mais pour l’instant, elle est loin d’être suffisamment mise à profit. Deloitte révèle aujourd’hui les conclusions de son étude à ce sujet.

L'efficacité énergétique est une composante essentielle de toute politique énergétique et joue un rôle clé dans la réalisation des objectifs liés au changement climatique, et notamment ceux fixés lors de la dernière COP21 à Paris en décembre dernier. Cependant, il semble encore peu probable que l’UE atteigne son objectif d’améliorer l’efficacité énergétique de 20% d’ici 2020 (selon les prévisions actuelles les économies d’énergie primaire n’atteindront que 17,6% d’ici 2020) ; elle devra donc se montrer encore plus ambitieuse si elle veut parvenir à une économie sobre en carbone d’ici 2050.

Véronique Laurent, Associée responsable Energie & Ressources chez Deloitte France, précise « En termes d’efficacité énergétique, il existe un potentiel vraiment important mais qui n’est pas suffisamment mis à profit. Par exemple, en 2012 l’Agence Internationale de l’Energie (l’AIE) a estimé que les deux tiers des investissements économiquement viables en faveur de l’efficacité énergétique resteraient inexploités jusqu’en 2035. »

Contacts

Priscille Holler - Relations Presse Deloitte - + 33 (0)1 58 37 93 76
Pauline Florentin - Agence Rumeur Publique - + 33 (0)1 55 74 52 10

Télécharger l'étude

L’étude réalisée par Deloitte, « Les leviers de l’efficacité énergétique en Europe », met en avant six axes d’action permettant d’influencer le comportement des consommateurs et de saisir le potentiel encore inexploité de l’efficacité énergétique :

  1.     Définir et mettre en œuvre des indicateurs et des objectifs appropriés : Actuellement, les pays membres de l’UE peuvent choisir de définir leur cible nationale sur la base de leur consommation d’énergie primaire, de leur consommation d’énergie finale, de la réduction de leur consommation d’énergie finale ou primaire, ou encore de leur intensité énergétique.
    Toutefois, pour qu’une politique relative à la demande énergétique soit pleinement efficace et cohérente, les objectifs devraient être exprimés en consommation d’énergie primaire (CEP), et ce tant au niveau européen que national. Un tel indicateur couvre à la fois la diminution de la consommation d’énergie et la transition vers un mix énergétique plus efficace et moins émetteur de carbone.
    Parallèlement, et dans un contexte de restrictions budgétaires considérables, il convient de promouvoir en tant qu’indicateur les émissions de gaz à effet de serre évitées, afin de fixer les priorités en fonction des objectifs de lutte contre le changement climatique.
  2.     Promouvoir des normes appropriées et l’étiquetage énergie des produits : les normes et étiquettes énergétiques, telles que celles qui sont encadrées par les directives sur l’écoconception et l’étiquetage énergétique des produits se sont avérées des outils efficaces pour réduire la consommation d’énergie (175 Mtep d’économies d’énergie par an d’ici 2020, soit 11,6% de la consommation d’énergie primaire des 28 pays membres de l’UE en 2014, ou une réduction de 465 EUR/an de la facture énergétique des ménages). D’autres progrès sont possibles grâce à la mise en avant d’informations plus pertinentes, lisibles et actualisées, comme par exemple des données sur les coûts annuels d’exploitation exprimés en euros ou encore sur le coût moyen de l’énergie par kWh.
  3.     Libérer le potentiel d’efficacité énergétique des bâtiments ; ceux-ci représentent 39% de la consommation d’énergie finale totale de l’UE (2014). 75% du parc immobilier de l’UE reste inefficace en termes d’énergie et le taux de rénovation énergétique des bâtiments demeure faible. Pour surmonter ces obstacles, il faut promouvoir des mesures ambitieuses qui permettent aux occupants des bâtiments de financer l’investissement dans l’efficacité énergétique par versements réguliers plutôt que par financement initial.
  4.     Mobiliser les consommateurs de détail : Les technologies de l’information et de la communication (les TIC) sont en plein essor et génèrent des outils innovants pour mesurer, surveiller et contrôler la consommation énergétique. La sensibilisation des consommateurs finaux (grâce, par exemple, à des outils numériques) ainsi que la collecte et diffusion de données pertinentes (par le biais de compteurs intelligents par exemple) pourraient jouer un rôle crucial dans la réalisation de l’objectif européen sur l’efficacité énergétique.
  5.     Emettre les bons signaux concernant les prix : Le prix actuel du CO2, fixé par le système européen d’échange de quotas d’émission (ETS) (et qui en avril 2016 n’était que de 5 EUR/tonne d’équivalent CO2), est trop faible et les cours mondiaux de l’énergie ne sont pas suffisamment élevés pour inciter l’investissement dans l’efficacité énergétique. Des actions supplémentaires (telles qu’une réforme plus ambitieuse du marché européen d’échange de quotas d’émission (SCEQE ou EU ETS), le prélèvement d’une taxe carbone…) sont nécessaires pour envoyer des signaux de prix adéquats et pour cibler davantage d’émissions que celles actuellement visées par le système ETS de l’UE.
  6.     Favoriser le financement de mesures d’efficacité énergétique : La Commission européenne estime que la réalisation des objectifs 2020 en matière d’efficacité énergétique en Europe nécessite des investissements à hauteur de 100 milliards d’euros par an. Il faut donc mettre sur pied et promouvoir des dispositifs de financement innovants, comme par exemple les contrats de performance énergétique (CPE) que proposent les sociétés de services énergétiques (SSE) et les obligations vertes (dont le montant d’émission a été multiplié par 16 entre 2012 et 2015, passant de 2,6 milliards à 41,8 milliards de dollars USD au niveau mondial), etc.

“En combinant ces différents leviers, l’Union européenne pourrait non seulement effectuer des économies d’énergie mais également renforcer de façon significative les trois piliers de sa politique énergétique : la sécurité d’approvisionnement (en réduisant sa dépendance aux importations), la durabilité (moins d’émissions), et la compétitivité (une énergie accessible en termes de coûts) » souligne Véronique Laurent.

L'étude complète est disponible ici.

A propos de Deloitte

Deloitte fait référence à un ou plusieurs cabinets membres de Deloitte Touche Tohmatsu Limited, société de droit anglais (« private company limited by guarantee »), et à son réseau de cabinets membres constitués en entités indépendantes et juridiquement distinctes. Pour en savoir plus sur la structure légale de Deloitte Touche Tohmatsu Limited et de ses cabinets membres, consulter www.deloitte.com/about. En France, Deloitte SAS est le cabinet membre de Deloitte Touche Tohmatsu Limited, et les services professionnels sont rendus par ses filiales et ses affiliés

© 2016 Deloitte SAS, Membre de Deloitte Touche Tohmatsu Limited