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Communiqué de presse

Santé : les Français souhaitent une amélioration du parcours de soins

Baromètre Deloitte sur la santé des Français – 7e édition

Neuilly-sur-Seine, jeudi 17 mai 2018

Alors que le gouvernement annonce un vaste plan de réformes, Deloitte a interrogé les Français sur leurs attentes concernant le système de santé. Le baromètre révèle leur fierté vis-à-vis de ce dernier, mais aussi leurs craintes sur les difficultés d’accès aux soins. Conscients des enjeux de la politique de santé, ils se montrent ouverts aux orientations gouvernementales pour améliorer le parcours de soins.

  • Même si elle reste élevée, la satisfaction des Français vis-à-vis du système de santé est en baisse constante depuis 2016, en particulier concernant : la qualité des soins (79% vs 85% en 2016), l’accessibilité des soins (57% vs 70% en 2016), la sécurité des soins (77% vs 86% en 2016), les conditions financières d’accès aux soins (59% vs 66% en 2016).
  • 61% des personnes estiment qu’il faudrait ajuster les remboursements des frais de santé en fonction du mode de vie et des comportements à risque de chacun.
  • 81% des Français considèrent que le prix des médicaments est trop élevé.
  • 95 % des Français suivent au moins une mesure de prévention, même si les aspects financiers demeurent un frein important pour un Français sur deux.
    Bien que le médecin généraliste soit l’interlocuteur privilégié en matière d’éducation à la santé (71%), près d’un tiers des Français estime que les mutuelles sont également légitimes en matière de prévention.
  • La santé numérique est un moyen efficace pour améliorer le parcours de soins, que ce soit pour la coordination des professionnels de santé (81%), le suivi des patients (73%), le maintien à domicile (73%) ou la diminution des déplacements des patients (73%).
    Seuls 17% des répondants ont déjà utilisé un objet connecté pour les aider à renforcer leur hygiène de vie.
  • La confiance des Français dans l’efficacité des outils de santé numériques est en baisse, notamment en ce qui concerne la prévention et le dépistage. Par ailleurs, ils font moins confiance aux nouveaux acteurs technologiques ou issus du monde du web pour exploiter leurs données de santé (33% vs 59% en 2016). Les Français restent méfiants sur la confidentialité des données personnelles (38%), ils sont prêts à les partager avec leur médecin traitant (87%). Cependant (11%) demeurent réticents vis-à-vis des start-ups proposant des services de santé numériques et (6%) envers les GAFA.

Contacts Presse

Nadia Dussol
Relations Presse Deloitte
01 55 61 54 34

Des réformes attendues pour améliorer l’accès aux soins

S’ils affichent leur satisfaction globale par rapport au système de santé (76%), notamment sur la qualité (79%) et la sécurité des soins (77%), les Français critiquent néanmoins les difficultés d’accès aux soins qu’elles soient financières, géographiques ou en termes de délais de prise en charge. Ainsi, seulement 57% d’entre eux sont aujourd’hui satisfaits de l’accessibilité des soins, contre 70% en 2016.

À noter que les ruraux souffrent particulièrement des déserts médicaux : 53% d’entre eux se déclarent insatisfaits de l’accessibilité des soins contre seulement 33% des habitants de l’agglomération parisienne.

Cette satisfaction nuancée n’empêche pas un sentiment de fierté partagé par 8 Français sur 10 qui sont conscients des enjeux que doit relever le système de santé.

Pour assurer la pérennité de l’assurance maladie, la responsabilisation individuelle est envisagée comme une solution. 61% (+ 4 points par rapport à 2016) estiment ainsi qu’il faudrait ajuster les remboursements des frais de santé en fonction du mode de vie et des comportements à risque de chacun.

Cette prise de conscience des enjeux de politique de santé implique une volonté plus forte de participer aux décisions en matière de santé. Ils sont ainsi 92 % à adhérer à l’idée d’engager des citoyens dans la définition de la stratégie de santé nationale et 87 % à vouloir s’impliquer personnellement.

« La progression de l’insatisfaction vis-à-vis de l’accessibilité des soins trouve un écho dans les orientations gouvernementales jugées les plus importantes. Les Français plébiscitent notamment la stratégie de repenser l’organisation territoriale des soins, une meilleure prise en charge des maladies chroniques et de leurs conséquences, ainsi que l’adaptation du système de santé aux enjeux démographiques, épidémiologiques et sociétaux », commente Michel Sebbane, Associé conseil Secteur public Santé et Social chez Deloitte.

La prévention : une nécessité mais des freins restent à lever

Face à un système marqué par sa fragilité financière et qui doit assurer la prise en charge d’une population vieillissante, la responsabilité individuelle apparaît comme une solution à la portée de chacun pour rester en bonne santé.

Les Français se déclarent ainsi de moins en moins désinvoltes et insouciants au sujet de leur santé.

L’intention de prendre des mesures de prévention est largement partagée par tous les Français : ils sont 95% à suivre au moins une mesure. Mais seul un Français sur quatre est régulier dans sa pratique du sport et un dépistage complet (diabète, cancer) n’est réalisé que par 28% de la population.

Malgré un intérêt marqué pour la prévention, les aspects financiers demeurent un frein important : 1 Français sur 2 seulement serait prêt à payer pour bénéficier des services de prévention personnalisés. En revanche, les intéressés seraient prêts à allouer un budget de 21 euros par mois en moyenne.

En pratique, 71 % des Français souhaitent être accompagnés par des personnes de confiance et placent le médecin traitant au centre du dispositif en tant que professionnel le plus légitime et digne de confiance.

« Les Français sont très attachés à la prévention, notamment du cancer (42 %), des maladies cardiovasculaires (36 %) et des maladies chroniques (34 %). Ils sont également, plus qu’on ne le pense, attachés à la vaccination. On peut s’attendre dans le futur à ce que les ressources et les investissements passent du traitement des maladies à la prévention. Cela nécessitera de nouveaux types d’offres et de partenariats adressant notamment le mode de vie, les comportements, et les environnements », analyse Thomas Croisier, Associé Conseil Monitor Deloitte.

La santé numérique plébiscitée malgré une utilisation limitée

Si les débuts des outils de santé connectée restent balbutiants dans les usages, la e-santé reste très bien perçue par l’opinion publique.

En effet, une très large majorité des répondants estime que le développement de l’e-santé serait un moyen efficace pour améliorer la coordination des professionnels de santé (81%), mieux suivre les indicateurs biologiques des patients (73%), rester le plus longtemps possible chez soi plutôt qu’en maison de retraite (73%), ou pour diminuer les déplacements des patients et les coûts associés (73%).

Parmi les technologies préférées, les solutions de télémédecine offrent des opportunités qui intéressent une majorité de Français, notamment pour le renouvellement d’ordonnance (86%), la simple demande d’information médicale (82%) ou pour un second avis médical (74%). Mais le contact humain reste primordial pour un premier diagnostic ou une consultation avec un généraliste ou spécialiste.

Même si les opportunités de la santé numérique sont clairement identifiées par les Français, des inquiétudes subsistent.
En effet, les Français restent méfiants sur la confidentialité des données personnelles (38% en recul de 7 points par rapport à 2017), ils sont prêts à les partager avec leur médecin traitant (87%). Cependant, 11% demeurent réticents vis-à-vis des start-ups proposant des services de santé numérique et 6% envers les GAFA.
La méfiance vis-à-vis de ces nouveaux acteurs s’intensifie nettement : seulement 33% des Français leur font confiance (-5 points vs 2017 et -26 points vs 2016).

Au-delà de cette crainte, c’est avant tout la peur de la disparition du facteur humain qui prédomine pour 4 Français sur 10 dans un contexte où le médecin traitant est toujours le référent essentiel des Français en matière de santé.

Les complémentaires santé ont un rôle à jouer en matière d’accès aux soins

Le jugement porté par les adhérents sur le niveau de remboursement de leur mutuelle est très variable selon le type de soins ou prestations.

Alors que le remboursement des prestations les plus communes – consultations de généralistes et de spécialistes, dépenses de pharmacie et frais hospitaliers – est jugé satisfaisant, les complémentaires santé sont avant tout attendues sur le financement du trio optique / dentaire / auditif. C’est sur ces derniers aspects que l’insatisfaction des cotisants est la plus grande : soins dentaires (35% de satisfaits), optique (36%), orthodontie (28%), appareils auditifs (27%).

« 64 % des Français ont constaté une augmentation de leur reste à charge depuis 2016 et un Français sur cinq a d’ailleurs souscrit à une couverture supplémentaire afin d’augmenter le niveau de remboursement de leurs dépenses. Pour améliorer l’accès aux soins et diminuer le reste à charge, les complémentaires ont un rôle primordial à jouer dans la prévention et l’organisation de réseaux de soins. Près d’un tiers des Français estime ainsi que les mutuelles sont légitimes pour intervenir en matière de prévention et d’éducation à la santé. », estime Jean-François Poletti, Associé Conseil Assurance chez Deloitte.

Méthodologie
L’étude « Les Français et la santé » a été réalisée par OpinionWay pour Deloitte. Elle a été menée sur un échantillon de 2 003 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans ou plus, constitué selon la méthode des quotas, au regard des critères de sexe, d’âge, de catégorie socioprofessionnelle, de catégorie d’agglomération et de région de résidence. Les interviews ont été réalisées par questionnaire auto-administré en ligne. Elles se sont déroulées sur la période du 23 au 29 Mars 2018. Les données ont été exploitées par Deloitte. 

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