Point de vue

Créations et défaillances d'entreprises 

Le point de situation à septembre 2023

Principaux constats

  • Le rythme de création d’entreprises augmente légèrement de 4,5 % en glissement annuel sur les douze derniers mois (octobre 2022 à septembre 2023) par rapport à la même période de l'année précédente. Environ 1,150 millions créations ont ainsi été créé sur cette période. La création d’entreprises est soutenue dans toutes les régions de France, en particulier en Île-de-France, en Provence-Alpes-Côte d’Azur et en Bourgogne-Franche-Comté. Des différences notables sont observées entre les secteurs d’activité. En forte augmentation dans l’information/communication, l’administration publique et activités spécialisées/scientifiques/technique et en diminution dans les secteurs des activités immobilières, des industries extractives et des activités financières et d'assurance.
  • Le nombre de défaillances1 poursuit sa progression pour ce 3ème trimestre de 2023, et se rapproche désormais des niveaux atteints durant les années pré-covid. En septembre 2023, on observe 43 136 défaillances d’entreprises sur le territoire français en glissement annuel (octobre 2022 à septembre 2023), soit une augmentation de 40,1% par rapport à la période annuelle passée (i.e. octobre 2021 à septembre 2022). Le taux de défaillance annuel a connu de son côté son plus haut niveau depuis 2017 pour les Entreprises de Taille Intermédiaire (ETI) et les PME âgées de moins de trois ans. Au niveau des régions, le rythme des défaillances est relativement disparate : il s’accélère en Corse et Nouvelle-Aquitaine et diminue en Haut-de-France, Bourgogne-Franche-Comté, Provence-Alpes-Côte d’Azur et Île-de-France. La défaillance impacte davantage le commerce, la construction et l’hébergement-restauration.
  • Concernant la dimension climatique, les secteurs d’activités à risque de transition modéré présentent une moyenne des taux de défaillance annuel plus faible (0,19%) par rapport à celle observée pour les autres niveaux d’exposition au risque climatique (entre 0,4% et 0,5%).

Créations d’entreprises – septembre 2023

 

La création d’entreprises enregistre un déclin de 7,6% durant les neuf premiers mois de l’année 2023 par rapport au niveau observé de janvier à septembre 2022, bien qu’en glissement annuel (octobre 2022 à septembre 2023), on observe une légère augmentation de l’ordre de 4,5% par rapport à l’année précédente (octobre 2021 à septembre 2022).  

Les créations d’entreprises en glissement annuel sont généralement en croissance dans toutes les régions de France, en particulier, en Île-de-France (+10,4 %), en Provence-Alpes-Côte d’Azur (+6,3 %) et Bourgogne-Franche-Comté (+6,9%).

Table 1 - Chiffres clés des créations au septembre 2023

 

Le profil des créations d’entreprises en glissement annuel à septembre 2023 présente globalement la même tendance que les deux dernières années, et s’établit bien au-dessus de la tendance des années 2019 et 2018.  

Figure 1 - Nombre cumulé des créations pour les générations 2017 à 2023 par année glissante

La création d’entreprises révèle des différences notables entre les secteurs d’activités, avec une forte augmentation pour les secteurs d’information et communication (+26,9%), administration publique (+20,8%) et activités spécialisées, scientifiques et technique (+13,2%), et une diminution importante pour les secteurs des activités immobilières (-27,7%), des industries extractives (-13,4%) et des activités financières et d'assurance (-5,5%).

Figure 2 - Nombre des créations annuelles par secteur à septembre 2023

En septembre 2023, les nouvelles créations sont généralement observées dans les secteurs avec un niveau de risque de transition modéré ou significatif : le secteur « Autres activités de service » enregistre le plus haut nombre de création soit 214 220 d’octobre 2022 à fin septembre 2023 pour une augmentation de 9,2% par rapport à la même période il y a un an. Cependant, le secteur « services immobiliers » a connu une baisse importante de 21% sur les douze derniers mois. 

Figure 3 - Nombre de créations annuelles et taux de croissance annuel à septembre 2023 par secteur d’activité et niveau d’exposition au risque de transition

Défaillances d’entreprises – septembre 2023

 

La défaillance annuelle des entreprises a fortement progressé (+40,1%) à septembre 2023. Sur les neuf premiers mois de 2023, le nombre de défaillances est de 35 626, soit une augmentation de 30% par rapport au niveau atteint de janvier à septembre 2022.


Table 2 - Chiffres clés des défaillances à septembre 2023

 

Le nombre de défaillances d’entreprises enregistré à septembre 2023 sur une année glissante atteint 43 136 et dépasse largement les niveaux annuels observés en cumul à septembre 2021 et septembre 2022, il se rapproche des niveaux atteints lors des années pré- covid.

 

Figure 3 - Nombre cumulé des défaillances pour les générations 2017 à 2023 par année glissante

 

Les défaillances d’entreprises en glissement annuel à septembre 2023 chutent en Haut-de-France (-14,4%), en Bourgogne-Franche-Comté (-11,8%), en Provence-Alpes-Côte d’Azur (-9,5%) et en Île-de-France (-7,9%), et à l’inverse augmentent en Corse (+27,9%), et Nouvelle-Aquitaine (+4,4%). 

 

Figure 4 - Défaillances sur l’année par région à septembre 2023

Légende : plus les défaillances d’entreprises sur l’année ont fortement augmenté (taux de variation indiqué en dessous du nombre de défaillances), plus la couleur de la région tend vers le rouge foncé. 

Les secteurs les plus impactés par la défaillance sur l’année glissante à septembre 2023 sont le commerce (10 269), la construction (9 415) et l’hébergement-restauration (6 449).

Figure 5 - Défaillance annuelle par secteur d’activité à septembre 2023

 

L’accroissement des niveaux des défaillances est le plus marqué dans les régions les régions Occitanie, Nouvelle-Aquitaine et Normandie dans les secteurs d’activités Commerce, Construction, Hébergement et restauration et l’Industrie manufacturière. 

 


Table 3 - Gros plan sur les secteurs d’activité les plus impactés par la défaillance à septembre 2023

*Cet indicateur représente le nombre de trimestres sur l'année écoulée durant lesquels la défaillance trimestrielle dépasse la défaillance trimestrielle historique

**Afin d’éviter de biaiser le classement, seules les régions avec un nombre de défaillance en glissement annuel supérieur à 300 sont représentées pour ce palmarès

Le taux de défaillance annuel est globalement au-dessus des niveaux historiques pour les ETI et généralement en deçà des niveaux historiques pour les PME et les Grandes Entreprises (GE). Il est le plus élevé pour les Entreprises de Taille Intermédiaire (ETI) et les PME âgées de moins de trois ans.


Table 4 - Taux de défaillance annuel par type et ancienneté d’entreprise

Les secteurs d’activités avec un niveau d’exposition au risque de transition modéré présentent une moyenne des taux de défaillance (0,19%) sur l’horizon annuel est plus faible que celle observée pour les autres secteurs. D’ailleurs, il est constaté que les taux de défaillance présentent une tendance à la hausse avec le degré d’exposition au risque de transition climatique (abstraction faite de la modalité « très élevé » qui est peu représentative ~1%) 

Les secteurs Restauration et Hébergement, Industrie alimentaire et Construction représentent les taux de défaillances les plus élevés pour un risque de transition « modéré », « significatif » et « élevé » respectivement.

 

Figure 6 - Taux de défaillance annuelle à septembre 2023 par secteur d’activité et niveau d’exposition au risque de transition

*La représentativité des modalités du niveau d’exposition au risque de transition : « Modéré » : 32% ; « Significatif » : 46% ; « Elevé » : 19% ; « Très élevé » : 1%

**Taux de défaillance moyen pondéré des modalités du niveau d’exposition au risque de transition : « Modéré » : 0,19% ; « Significatif » : 0,46% ; « Elevé » : 0,51% ; « Très élevé » : 0,37%.

Présentation de base de données des analyses sectorielles

La base de données des analyses sectorielles est une base de données comprenant les historiques des créations (~25 millions d’enregistrements) et de défaillances d’entreprises (~10 millions d’enregistrements), ainsi que des caractéristiques de segmentation. Les principaux cas d’usage de cette base sont :

  • Identifier les potentiels de développement d'un secteur d'activité ou d'une région en suivant la dynamique des créations d’entreprises
  • Percevoir de la vitalité de l’économie et les évolutions de modèles économiques via les indicateurs liés aux défaillances d’entreprises
  • Analyser la relation entre les enjeux de transition énergétique et la dynamique de marché des entreprises​
  • Réaliser des analyses spécifiques sur un portefeuille client en termes de risques ESG​

1 Il s’agit du nombre des entreprises qui ont connu une ouverture de procédure collective.