Etude

Les Français et la santé

Etude Santé 2016

Depuis le 1er janvier 2016, suite à la généralisation de la complémentaire santé, l’ensemble des salariés des entreprises du secteur privé doit bénéficier d’une couverture santé minimale obligatoire. Cette réforme, qui standardise les offres, va pousser les complémentaires santé à innover davantage pour mieux se différencier, et notamment proposer aux assurés des produits plus innovants.

Notre baromètre santé 2016 est la première étude réalisée depuis l’entrée en vigueur de l'ANI. Il analyse les principales perceptions et attentes des Français vis-à-vis d’un système de santé nécessairement destiné à évoluer. Parmi les grands thèmes abordés : prévention, coûts et accessibilité des soins, rôle des complémentaires ou encore développement de l’e-santé. Retour sur les principales conclusions de cette enquête.

Intéressés par une présentation des résultats

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Une satisfaction globale vis-à-vis du système de santé actuel mais une inquiétude persistante sur le budget et l’accès aux soins

Les Français se disent majoritairement satisfaits du système de santé tel qu’il existe actuellement : la sécurité des soins et leur qualité sont très majoritairement plébiscitées par respectivement 86% et 85% des interrogés.

Néanmoins l’accessibilité des soins (proximité géographique et temps d’attente) ainsi que le prix et le niveau de remboursement font moins l’unanimité. Plus de 4 Français sur 10 renoncent encore aux soins, plus particulièrement chez les spécialistes, le dentiste (36%) ou chez l’ophtalmologiste (24%). Logiquement, les Français soutiennent très majoritairement (90%) les orientations portées par les pouvoirs publics en matière de lutte contre les barrières financières à l’accès aux soins. La généralisation du tiers payant est également bien accueillie (74%, + 6 points par rapport à 2015). Malgré ces efforts, les Français s’attendent très majoritairement à ce que leurs dépenses de santé continuent d’augmenter dans les années à venir.

En termes de montants des remboursements, aucun distinguo, aux yeux de la plupart des interrogés, ne devrait être fait sur la nature des soins remboursés : 70% estiment que la chronicité d’une pathologie ne doit pas être la seule cause d’un remboursement. En revanche, le montant des remboursements devrait varier en fonction des revenus de l’assuré (pour 42% des Français) et en fonction du comportement de l’assuré et des risques qu’il prend dans la vie courante (pour 70% des interrogés).

Enfin, 79% des Français sont favorables à la médecine prédictive mais l’enthousiasme doit être nuancé car seulement 18% d’entre eux y sont « très favorables ».

De fortes attentes en matière de médecine préventive

En 2016 les Français plébiscitent toujours autant la prévention : 88% d’entre eux ont réalisé au moins une action de prévention au cours des 2 dernières années (essentiellement une meilleure alimentation  et la pratique d’une activité sportive régulière). Même si les moins de 35 ans sont moins prévoyants, notamment en matière de dépistage du cancer et de qualité de l’alimentation, la grande majorité des Français sont convaincus des bienfaits de la prévention : 90% d’entre eux pensent que celle-ci fait augmenter l’espérance de vie et 91% pensent qu’elle réduit le risque d’apparition de certaines maladies chroniques.

Certains freins subsistent pourtant : seuls 61% des interrogés estiment disposer des moyens financiers suffisants et 54% des solutions technologiques nécessaires à la mise en place d’une démarche de prévention. Une réalité contrastée selon les âges, puisque  67% des jeunes de 18 à 24 déclarent, eux, avoir accès aux bons outils technologiques contre 45% des 65 ans et plus.

En matière de prévention, 59% des Français (dont 68% des jeunes de 18 à 24 ans) font confiance aux nouveaux acteurs de l’innovation, comme Google, dont la filiale Verily cherche à révolutionner le monde de la santé, ou IBM, qui tente avec Watson de renforcer le suivi médical grâce à l’intelligence artificielle. Les assureurs jouent déjà un rôle important dans ce domaine mais devraient en faire plus en matière de prévention et d’éducation à la santé selon 26% des Français. La rupture viendra sans doute d’un partenariat entre GAFA et assureurs.

Les Français attendent avant tout des programmes d’accompagnement personnalisés dans la durée. Ces programmes sont importants à leurs yeux pour accompagner dans la maladie, lutter contre la dépendance et le vieillissement, limiter les risques liés à la pratique d’une activité spécifique et aider à développer le bien-être. 

Complémentaire santé : 5 mois après l’entrée en vigueur de l’ANI, 1 français sur 5 a déjà changé de complémentaire santé

Les prestations de remboursement des soins restent au cœur des attentes des Français : 38% d’entre eux attendent en priorité de leur complémentaire santé une aide au financement de soins couteux et mal remboursés par la Sécurité sociale, et 30% attendent une prise en charge du complément de remboursement des soins courants (consultations, pharmacie, radios, analyses etc.).

Une majorité d’interrogés couverts par une mutuelle jugent satisfaisant le niveau de remboursement sur les principales prestations (consultation de médecin généraliste, dépenses de pharmacie….). Cette satisfaction est en revanche beaucoup plus nuancée concernant les soins dentaires et optiques. Le niveau de remboursement des garanties de prévention et de bien être semble par ailleurs être mal connu par les personnes couvertes par une mutuelles puisque respectivement 46% et 44% d’entre elles répondent « ne sait pas » à la question de savoir si le niveau de garantie sur ce thème est satisfaisant.

La généralisation de la complémentaire santé à l’ensemble des salariés a déjà conduit 22% des Français à changer de contrat et 16% à souscrire à une couverture supplémentaire individuelle à l’issue du 1er trimestre 2016. Il s’agit des premiers effets de l’entrée en vigueur de l’ANI et des plafonds des contrats responsables. Les Français prennent conscience de la nécessité de recourir à une sur-complémentaire et ceux qui l’envisagent – 26% des interrogés – sont prêts à payer une cotisation mensuelle moyenne de 41€. L’objectif : augmenter le niveau de remboursement des dépenses de santé (pour 66% des Français en 2016 contre 48% en 2015) et bénéficier de nouveaux services (pour 39% des Français en 2016 contre 24% en 2015).

La France est prête pour l’e-santé à condition que les données personnelles soient protégées

Avec l’entrée en vigueur de l’ANI, les complémentaires santé vont devoir innover et proposer de nouveaux services à leurs assurés. Ces innovations passeront prioritairement par des investissements dans l’e-santé, un secteur qui stagne encore actuellement par manque de moyens.

Les attentes des Français sont pourtant fortes dans ce domaine. Selon notre enquête, 78% des interrogés sont favorables au développement de dispositifs de suivi et de consultation à distance et plus de 7 Français sur 10 eux seraient prêts à communiquer leurs données personnelles – de préférence au corps médical. Des craintes concernant la confidentialité de ces données restent pourtant présentes chez 43% des Français.

L’utilisation des objets connectés d’e-santé a quasiment triplé et celle des applications mobiles santé a doublé depuis 2015. Les jeunes sont les plus gros consommateurs d’applications liées à la santé : 24% des Français ont déjà utilisé une application de suivi de l’activité physique, quand 44% des 18-24 les utilisent. Le budget moyen pour l’acquisition d’un objet connecté et de l’application serait de 5€/mois avec chez les jeunes un budget envisagé entre 10 à 12€.

Ce développement de l’e-santé va se confirmer dans les années à venir, puisque 33% des Français se disent prêts à adopter un Dossier Médical Electronique, des outils de consultation et de conseil médical à distance (25%), des solutions de télé surveillance médicale ou de téléassistance (17%).