État des lieux de la filière de collecte et de traitement du verre automobile en France

Etude

État des lieux de la filière de collecte et de traitement du verre automobile en France

Analyse réglementaire, économique et environnementale

La directive européenne sur les véhicules hors d’usage (VHU) impose aux Etats membres de l’Union européenne d’atteindre des objectifs ambitieux de réutilisation, recyclage et valorisation des véhicules. Ces objectifs ne seront atteints qu’en améliorant la valorisation des matières non métalliques des véhicules hors d’usage, dont le verre. Ce rapport dresse un état des lieux de la filière de traitement du verre automobile en France et dans six Etats membres afin d’identifier le rôle du verre dans l’atteinte des taux de recyclage et les différences de transposition de la directive par les Etats membres.

Parmi les principales observations du rapport :

  • Différentes obligations de traitement du verre ont été mises en place par les Etats membres. Notamment pour la valorisation du verre avant ou après broyage des véhicules hors d’usage.
  • Les pratiques concernant l’utilisation de la fraction minérale issue du broyage dans le secteur des travaux publics et notamment en remblayage restent assez peu documentées, alors que la valorisation du verre, et la définition du recyclage utilisé, représente un véritable enjeu pour l’atteinte des objectifs des taux de réutilisation et de recyclage européens.
  • Un démantèlement du verre avant broyage est assez peu pratiqué dans les États membres. En France, le tonnage de verre entrant dans la filière VHU a été estimé à 26 177 tonnes en 2013, dont 4 % est retiré en centre VHU en vue du recyclage, 7,5 % retiré en vue de la réutilisation en pièces d‘occasion et 88 % reste sur le véhicule orienté vers le broyage. Le verre contenu dans les fractions issues du broyage est majoritairement éliminé par enfouissement.
  • D’un point de vue économique, le traitement du verre par tri post-broyage semble moins coûteux que le traitement du verre par démantèlement, en raison du fort coût de main d’œuvre associé à ce procédé. La différence serait de l’ordre de 2 à 4 €/VHU, d’après la plupart des estimations disponibles.
  • D’un point de vue environnemental, les bénéfices du traitement par démantèlement sont supérieurs à ceux du traitement par broyage/post-broyage, principalement du fait des économies de matières premières, des émissions de CO2 évitées et des économies d’énergie liées à la fabrication de verre à partir de matière recyclée (calcin). La différence serait de l’ordre de 4 à 6,4 kg CO2 eq. évités par VHU et représenterait une économie d’énergie entre 0,025 kg oil eq. et 1,1 kg oil. eq par VHU. Le transport joue un rôle primordial dans l’impact environnemental des deux types de traitements du verre.