Point de vue

La robotique française, un secteur d’avenir

Aujourd'hui, l’industrie des robots "made in France" représente un marché considérable pour l’économie française avec les robots industriels et intelligents pour les services à la personne. Dans ce paysage se dressent des entreprises technologiques performantes à l’instar de Medtech, un acteur spécialisé dans la robotique chirurgicale, qui opère au-delà des frontières de l’Hexagone.

Des robots agricoles aux robots chirurgicaux jusqu’au célèbre humanoïde Nao, le marché de la robotique s’envole en France. À commencer par Medtech(1), une entreprise montpelliéraine qui a inventé le robot ROSA (TM) de chirurgie mini-invasive. Cette jeune pousse n’aurait jamais pu naître sans les rêves un peu fous de Bertin Nahum, son PDG. «L'objectif de Medtech est de démocratiser la robotique chirurgicale à l'ère du vieillissement de la population et de faire bénéficier aux chirurgiens des avancées de la technologie», explique le visionnaire fondateur de Medtech. Le déclic, Bertin Nahum l'a eu en concevant un logiciel capable de détecter des lésions crâniennes, après ses études d'ingénieur à l’Insa Lyon. Mais il n'est pas suivi à l'époque par son environnement professionnel. C'est ainsi qu’il claque la porte de son dernier employeur et crée Medtech en 2002. «Nous sommes partis du constat que la technologie a un rôle fort à jouer pour fiabiliser l’acte chirurgical et le rendre plus efficace», précise l'entrepreneur, en ajoutant «avoir toujours été persuadé du potentiel mondial de la robotique chirurgicale».

Une conviction qui a porté ses fruits puisque, depuis deux ans, le destin de Bertin Nahum s’accélère. Au dernier exercice, Medtech a annoncé 6,7 millions d'euros de chiffre d’affaires, une croissance de l’ordre de 130% par rapport à l’année précédente. Une croissance due en partie aux attentes des patients, des chirurgiens et des systèmes de santé. «Ces technologies répondent aux challenges de la médecine moderne, liés en partie à l’augmentation de patients à traiter et aux pénuries de soins. Tout ceci concourt à développer des nouvelles technologies pour combler ces manques», assure le PDG. «Il s'agit de soigner les patients de façon plus efficace et moins invasive. Les minicicatrices sont préférables aux balafres de 20 centimètres», martèle-t-il. A titre d’exemple : le robot ROSA (TM) assiste le chirurgien dans le cadre de biopsie ou d'implantation d'électrodes au niveau du cerveau…

L’objectif de Medtech aujourd'hui ? «Que notre société se hisse parmi les “plus grandes”. Medtech est déjà fortement ancrée sur notre territoire, nous sommes situés à Montpellier, mais résolument tournés vers l'international», affirme Bertin Nahum. Un cap déjà bien franchi puisque Medtech est présent dans plus de 30 pays et réalise près de 90% de son chiffre d’affaires à l’export (2). «Nous visons particulièrement le marché américain, où nous avons implanté une filiale à Newark (New Jersey) avec 15 salariés depuis 2011. Medtech y a reçu depuis un accueil favorable», raconte l'entrepreneur, pour qui «s'implanter à l'international est une aventure qui ne s’improvise pas et demande une implication très forte». Pendant près de deux ans, Bertin Nahum a notamment été présent en Amérique du Nord pour atteindre ses objectifs. Résultat : plus de 50 robots ont déjà été commercialisés dans le monde, le marché nord-américain étant le plus dynamique. «Nous venons d’annoncer deux nouvelles ventes du robot ROSA (TM) aux États-Unis et nous avons également plus de sept machines en Asie et huit en France», se félicite-t-il. Salué fin 2012 par la revue canadienne Discovery Series comme le quatrième entrepreneur high-tech le plus révolutionnaire au monde, Bertin Nahum bénéficie depuis d'une notoriété internationale.

Quant aux perspectives d'avenir de la robotique, l'innovateur est confiant. «Peu de sociétés compétentes sont présentes sur ce marché en plein essor», se réjouit le spécialiste de la robotique chirurgicale française. La plupart d'entre elles sont des sociétés nord-américaines, Medtech étant une exception sur ce marché aujourd'hui. «La France a une forte carte à jouer dans ce secteur. Nos médecins ont une réputation internationale, qui dépasse largement nos frontières. Et l’inventivité de nos ingénieurs français est également reconnue», précise Bertin Nahum. Côté ambition, Medtech souhaite s’imposer comme l'un des leaders mondiaux sur le marché de la robotique chirurgicale. «C'est un marché colossal et prometteur puisqu’il représente plus de 20 milliards de dollars à l’horizon de 2020. Pour s’imposer sur ce marché, on va continuer à innover : après ROSA (TM) Brain pour la chirurgie du cerveau, la gamme est désormais élargie à la chirurgie de la colonne vertébrale, avec ROSA (TM) Spine, le dernier-né», conclut Bertin Nahum.

 

Sources :

(1) En octobre 2014, Medtech a été lauréate du prix «Révélation» du palmarès Méditerranée Deloitte Technology Fast 50.

(2) Chiffre d'affaires de l’exercice clos le 30 juin 2015.