Points de vue

Portrait d’un ancien : John Ruffolo

Directeur financier, OMERS Ventures

La grande aventure de John Ruffolo

Dans le hall d’entrée d’OMERS Ventures, un véritable musée miniature des anciens grands succès technologiques vous accueille. Bon nombre des grandes avancées des quarante dernières années sont là, bien agencées dans les vitrines, allant des premiers ordinateurs Mac et assistants numériques personnels de BlackBerry à l’ordinateur Commodore Vic-20 (un classique) en passant par le système de jeu vidéo Pong.

Ces grandes vedettes d’hier représentent ce que recherche aujourd’hui John Ruffolo, ancien associé et membre du conseil d’administration de Deloitte qui est maintenant chef de la direction d’OMER S Ventures, la société de capital-risque du Régime de retraite des employés municipaux de l’Ontario (OMERS) fondée il y a trois ans. M. Ruffolo est à l’affût de projets qui auront valeur d’icône, comme ces progrès technologiques triomphants qui demeurent célèbres des décennies après leur création.

En fait, malgré sa récente arrivée dans le secteur, OMERS Ventures possède un flair pour la technologie et semble en voie de se tailler une place parmi le cercle restreint des incubateurs de nouvelles sociétés numériques canadiennes qui durent. Au nombre de ses meilleurs portefeuilles, dans lesquels elle a acquis un intérêt considérable, figurent deux entreprises canadiennes dont la réputation n’est plus à faire, soit Hootsuite, cette vedette vancouvéroise des sociétés fondées sur les réseaux sociaux qui a reçu 20 millions de dollars à ses débuts en 2012, et Shopify, ce fournisseur de services de commerce électronique d’Ottawa pour lequel OMERS Ventures a amassé 100 millions de dollars l’an dernier. C’est ce genre d’ententes qui explique pourquoi la revue Canadian Business a récemment choisi M. Ruffolo comme homme d’affaires le plus puissant en 2014 et pourquoi l’École d’administration Schulich, cette année, honore les réalisations et les progrès exceptionnels de ce diplômé du baccalauréat en administration des affaires de 1988.

En tant qu'ancien qui a consacré 23 ans de sa vie à Deloitte et Andersen, M. Ruffolo a assumé plusieurs postes au Cabinet, dont celui de leader canadien du secteur Technologies, médias et télécommunications de Deloitte, qu’il a occupé pendant de longues années.

Selon lui, son poste actuel et celui qu’il a occupé à la fin de sa carrière chez Deloitte ont beaucoup en commun.

« Nous demeurons des conseillers, dit-il, mais comme nous avons maintenant la possibilité de faire directement des investissements, nous pouvons mettre nos conseils en pratique plus rapidement et notre influence est d’autant plus grande. »

En plus, il dispose aujourd’hui d’une sorte de boule de cristal virtuelle, car les « génies » de la technologie qui viennent solliciter le financement d’OMERS Ventures lui proposent une foule de bonnes idées.

« Je peux voir l’avenir avant bien d’autres, affirme-t-il, et je suis parfois si optimiste et si enthousiasmé de voir tant de gens, surtout les jeunes qui n’ont pas encore connu l’échec, exprimer un tel désir de changer le monde que cela m’insuffle un élan absolument formidable. »

OMERS Ventures ne fait pas que des investissements; elle change le monde en modelant l’entrepreneuriat canadien. Pendant longtemps, le Canada a été reconnu pour n’avoir ni les ressources ni la volonté d’appuyer les propriétaires d’entreprise canadiens. Le financement d’envergure devait somme toute venir du sud de la frontière.

M. Ruffolo a donné à OMERS Ventures une vision fièrement canadienne. L’aménagement des bureaux est d’inspiration vraiment nordique avec une note de liberté et de force. Une table montée sur un piédestal représentant un ours polaire dans le hall d’entrée, une salle de conférence où l’on croirait se trouver au lac Louise et un plancher fait de bois recyclé de la rivière des Outaouais.

Vêtu d’un pantalon en denim foncé et d’une chemise, M. Ruffolo se démarque de la tenue traditionnelle de Bay Street et se rappelle en souriant la première fois où il a reçu à son bureau de Toronto des visiteurs de la mecque du capital-risque, c’est-à-dire de la Silicon Valley californienne.

« Ils m’ont demandé, se souvient-il, s’ils étaient vraiment au Canada. »

M. Ruffolo est d’avis qu’en offrant une somme initiale de 200 millions de dollars à investir, ce qui représente une des plus grandes enveloppes destinées directement aux nouvelles entreprises au Canada, OMERS Ventures est un tremplin pour les prochaines grandes innovations sur la scène canadienne des affaires. Cependant, selon lui, le succès exige plus que d’aider les entreprises à démarrer. Il veut avoir sous son aile la prochaine entreprise canadienne de réputation mondiale dont le chiffre d’affaires dépassera le milliard de dollars.

Cette vision d’expansion de M. Ruffolo peut être attribuable, du moins en partie, aux leçons qu’il a apprises chez Deloitte.

Conseiller fiscal de formation, M. Ruffolo affirme qu’il a appris à réfléchir comme un homme d’affaires quand il était chez Deloitte. Cela lui a permis de dépasser les frontières de la compétence technique et de l’expertise en fiscalité et d’entrer dans les milieux axés sur l’innovation.

Ses compétences dans divers domaines se sont accrues à force de collaborer étroitement avec ses clients et d’apprendre à connaître leurs besoins. C’est ainsi que s’est créé un cercle virtuel dans lequel M. Ruffolo est progressivement devenu un rouage important de leur processus de prise de décisions.

« Dans les dix dernières années de ma carrière, dit-il, les gens se demandaient si j’étais un fiscaliste, un gars de l’audit ou un expert-conseil; ils ne le savaient vraiment pas et cela les faisait sourire. C’est là que j’ai appris le plus important : être le conseiller de confiance d’une entreprise, c’est ce qui rend notre travail si intéressant. »

Que faites-vous quand vous avez le temps de relaxer?
En hiver, je skie; en toute autre saison, je fais du vélo.

Quelle est votre devise?
Il faut changer le monde.

Quel est le dernier livre que vous avez lu?
The Loyal Lieutenant: Leading Out Lance and Pushing Through the Pain on the Rocky Road to Paris, par le cycliste George Hincapie (et Craig Hummer)

La plupart des gens ignorent que vous êtes…?
… un conseiller fiscal!

Quel endroit préférez-vous dans le monde?
Rome.

Avez-vous des passe-temps?
Les sports sont pour moi un passe temps…, mais mon seul vrai passe-temps est de collectionner les vins.

Si vous deviez changer de profession, que feriez-vous?
Je serais archéologue.

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