Perspectives

Innovation : le nouvel impératif pour l’audit interne

Ceux qui innovent ont la plus grande incidence et influence au sein de leur organisation

Par Kristopher Wentzel, Leader national, Audit interne et certification des contrôles internes

Dans un contexte d’affaires où l’innovation, les perturbations et l’évolution sont constantes, la fonction d’audit interne doit rester au fait du profil de risque changeant et devenir plus novatrice afin d’accroître son incidence et son influence au sein de l’organisation.

Il s’agit d’une des principales constatations tirées des résultats du sondage mondial 2018 de Deloitte auprès de plus de 1 100 chefs de l’audit interne, dont près de 100 sont du Canada.

Le rapport du sondage révèle que les fonctions d’audit interne doivent innover afin de rester au fait, et idéalement conserver une longueur d’avance, en ce qui concerne les problèmes et les risques associés aux nouveaux modèles d’affaires, aux processus, aux technologies et aux relations avec les tiers. L’impératif de l’innovation a forcé plusieurs fonctions d’audit interne à adopter de nouvelles technologies et approches afin d’obtenir de meilleures perspectives de façon plus efficiente, ce qui a généralement eu pour effet d’accroître l’incidence et l’influence de la fonction d’audit interne au sein de l’organisation.

Au Canada, le pourcentage de répondants au sondage qui considèrent que leur fonction a une incidence et une influence importantes est passé de 37 % en 2016 à 47 % cette année. Évidemment, cela signifie qu’encore plus de la moitié ont le sentiment qu’une amélioration est nécessaire. De même, alors que 39 % des chefs de l’audit interne au Canada sont d’avis que les sociétés d’envergure sont « très conscientes » du rôle de l’audit interne, moins du quart ont le sentiment que leur fonction est perçue de manière « très positive » au sein de leur organisation.

Même si l’on constate des progrès, beaucoup reste à faire dans le parcours des fonctions d’audit interne pour passer de bonnes à excellentes.

Situation de l’audit interne au Canada

Voici certains des résultats les plus notables tirés du sondage.

Incidence et influence

  • Être perçues de manière « très positive » par l’organisation (23 % contre 33 %)
  • S’assurer que leur organisation est consciente de leurs capacités et de leurs services (39 % contre 46 % à l’échelle mondiale)

Près de la moitié des répondants canadiens ont fait état du manque de compétences ou de talents comme principal obstacle au rehaussement de leur réputation. 

Y a-t-il de l’innovation?

Oui, mais pas dans toutes les fonctions d’audit interne.

De manière générale, l’innovation en audit interne comprend l’innovation numérique, notamment l’analytique avancée, l’automatisation des processus robotisés (RPA), l’audit continu et la visualisation de rapports ainsi que les nouvelles approches en matière de méthodes, comme l’application des principes et des pratiques du développement agile aux travaux d’audit interne. Pour entreprendre ces innovations, les professionnels doivent généralement adopter une mentalité novatrice, remettre en question les méthodes de travail traditionnelles, s’adapter aux nouvelles technologies et continuellement acquérir de nouvelles compétences.

Devenir plus novateur consiste à chercher à réaliser des gains supplémentaires d’efficience, notamment comprendre la manière dont l’organisation évolue, connaître les approches et les technologies les plus utiles, et apprendre comment les appliquer de la façon la plus efficace.

À l’échelle mondiale, les adeptes précoces ont commencé à adopter la RPA, qui automatise de nombreuses tâches manuelles répétitives réalisées par les auditeurs internes. La RPA est une priorité des fonctions d’audit interne; près du quart des répondants au sondage à l’échelle mondiale ont indiqué qu’ils avaient adopté l’automatisation des processus robotisés ou comptaient le faire au cours de la prochaine année. Les fonctions qui ont la plus grande incidence indiquent également qu’elles ont recours à l’analytique avancée, à l’audit continu et à la visualisation de rapports. Toutefois, le taux d’adoption de ces innovations par les fonctions d’audit interne canadiennes continue d’être inférieur à celui de leurs homologues à l’échelle mondiale.

En revanche, l’une des principales forces au Canada est l’intérêt pour les méthodologies agiles. En comparaison à l’ensemble des répondants à l’échelle mondiale, trois fois plus de fonctions d’audit interne au Canada envisagent d’adopter des méthodologies agiles. 

Un investissement en innovation se traduit par une augmentation de l’incidence

Tout comme les répondants à l’échelle mondiale, environ six chefs de l’audit interne au Canada sur 10 prévoient une hausse de leurs investissements en innovation au cours des trois à cinq prochaines années, peu importe la taille de la fonction d’audit interne. Parmi ceux qui sont d’avis que leur fonction a une incidence et une influence importantes, 69 % prévoient d'accroître cet investissement.

Le sondage de Deloitte auprès des chefs de l’audit indique clairement que le fait d’enraciner un esprit novateur et d’investir dans de nouvelles technologies et approches apporte des avantages plus importants que de simples gains d’efficience. Les fonctions d’audit interne ayant recours aux approches les plus novatrices pour effectuer leurs travaux sont celles qui ont la plus grande incidence et influence au sein de leur organisation. La voie à suivre est claire.

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