Communiqués de presse

Deloitte CFO Survey : l’économie suisse reste optimiste, l’Europe risque de retomber dans le pessimisme

Zurich/Genève, le 7 mai 2019

Les CFO en Suisse revoient leurs prévisions conjoncturelles à la baisse pour le deuxième trimestre consécutif. Les risques géopolitiques et les inquiétudes liées à une baisse de la demande sont leurs plus grandes préoccupations. Dans l’ensemble, les directeurs financiers se montrent toutefois optimistes : ils souhaitent continuer à investir et poursuivre la croissance. La tendance est similaire pour l’estimation des perspectives financières de leur propre entreprise : légèrement en recul, elles restent néanmoins majoritairement bonnes en Suisse. L’Europe, en revanche, est, selon les CFO, menacée par une performance décevante des différents pays : le grand rattrapage de la zone Euro après sa longue phase de ralentissement risque d’être interrompu.

Bien que la majorité des CFO suisses – 53% – aient une vision optimiste de l’avenir de la conjoncture intérieure, les chiffres ont reculé pour la deuxième fois consécutive. La valeur actuelle se situe certes toujours légèrement au-dessus de la valeur moyenne pluriannuelle de 51%, mais la prudence est de mise. Les derniers renversements de tendance comparables se sont révélés être les précurseurs de véritables chutes au niveau des perspectives conjoncturelles.

Deloitte CFO Survey : l’économie suisse reste optimiste, l’Europe risque de retomber dans le pessimisme

Quant aux perspectives commerciales, elles semblent avoir atteint leur point culminant. En effet, seule une petite majorité prévoit une amélioration en Suisse par rapport à l’enquête de l’automne dernier. La moyenne européenne est, quant à elle, encore plus basse. Ce sont précisément les CFO des partenaires commerciaux les plus importants de la Suisse, comme la Grande-Bretagne, l’Italie et l’Allemagne, qui se montrent actuellement très pessimistes.

Les entreprises suisses souhaitent continuer à croître et à investir

Malgré le fléchissement des données économiques fondamentales, le nombre d’entreprises suisses qui prévoient de créer de nouveaux emplois a augmenté (solde net 20% ; +2 points de pourcentage). Pour la deuxième fois consécutive, cela contraste avec les évolutions dans les pays voisins (solde net moyen européen : 3% ; -10 points de pourcentage). Par ailleurs, la volonté des entreprises à investir reste intacte en Suisse.

« Du point de vue des CFO, les entreprises suisses opèrent dans des conditions solides et se sont majoritairement bien adaptées aux défis. Malgré des perspectives toujours favorables, la prudence est de mise, et des mesures sont nécessaires : quand les pays voisins commenceront à dévaler la pente, la Suisse risquerait d’être rapidement entraînée dans leur chute », dit Jean-François Lagassé, associé et responsable du marché Suisse Romande chez Deloitte.

Les incertitudes géopolitiques provoquent des insomnies

Après avoir occupé la deuxième place lors du dernier sondage, les risques géopolitiques se trouvent désormais en tête du classement des préoccupations des CFO suisses. Le risque le plus souvent mentionné est la situation peu claire liée au Brexit. Viennent ensuite la crainte d’une baisse de la demande en Suisse et les risques liés au progrès technologique.

Les directeurs financiers estiment que la numérisation peut représenter une opportunité mais également un risque. La cybercriminalité, de nouveaux modèles commerciaux potentiellement disruptifs et de nouveaux concurrents créent des défis supplémentaires. « Les CFO suisses, misent davantage sur la numérisation par rapport à leurs collègues européens afin de renforcer l’efficacité compétitivité et de leur entreprise. En revanche, ils recourent moins souvent au déploiement de technologies de pointe. Cela révèle le potentiel existant pour une application plus large de la numérisation, tant en Suisse qu’en Europe », explique Jean-François Lagassé.

Il est également frappant de constater que les sujets prédominants de l’année dernière – la force du franc suisse et la pénurie de personnel qualifié – ne jouent pas de rôle primordial ce trimestre. De toute évidence, les entreprises suisses considèrent actuellement d’autres problématiques comme étant plus urgentes. Il en va tout autrement dans les pays européens environnants : le manque de main-d’œuvre qualifiée y est fréquemment considéré comme la plus grande menace, comme en Allemagne. La baisse de la demande est également mentionnée à de nombreuses reprises, tandis que des effets exceptionnels sont constatés en Turquie (volatilité du taux de change) et en Grande-Bretagne (Brexit).

Pour la première fois, les CFO ont été interrogés sur leurs attentes à l’égard des taux d’intérêt. Il s’avère qu’une majorité relative des CFO suisses (41%) s’attendent encore dans deux ans à des taux d’intérêts négatifs – 28% tablent sur des taux d’intérêts nuls. « En cas de crise, les banques centrales n’ont plus de grande marge de manœuvre. Que l’Europe ait manqué le changement de la politique monétaire pourrait alors s’avérer fatal », commente Michael Grampp, Chief Economist chez Deloitte.

Stratégie résolument tournée vers l’avenir en Suisse

Face à ces tendances négatives, les CFO suisses restent optimistes et misent sur la croissance. Les stratégies des 12 prochains mois mentionnées par 83% des sondés sont la croissance organique et le développement de la transformation numérique (79%). Le lancement de nouveaux produits et services (75%) reste juste derrière les mesures de réduction des coûts (76%).

Les entreprises suisses relèvent les défis actuels et misent sur des stratégies expansives. Grâce à cette vision et aux perspectives plutôt positives des CFO, la Suisse représente un symbole d’espoir dans l’environnement européen.

« L’économie suisse s’est avérée résistante dans le passé et a poursuivi sa croissance, notamment lors de la dernière crise de l’Euro en 2012/13. Cette solidité pourrait bientôt s’avérer nécessaire. Dans ce contexte, des conditions-cadres raisonnables en matière de politique fiscale et économique pourraient considérablement soutenir les entreprises suisses. » commente Michael Grampp en vue des décisions politiques imminentes.

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