Pharma-Renditen auf F&E

Communiqués de presse

L'industrie pharmaceutique a besoin d'un remède : les rendements de la R&D continuent de baisser – le modèle actuel n'est pas viable

Zurich, le 2 janvier 2018

Selon l'analyse de Deloitte, les prévisions de retour sur investissements des plus grandes sociétés pharmaceutiques atteignent seulement 3,2 %, le niveau le plus bas enregistré en l’espace de huit ans. Aujourd’hui, la mise sur le marché d'un médicament coûte en moyenne près de 2 milliards de dollars à ces entreprises. Par ailleurs, le montant annuel qu'un médicament est susceptible de générer est passé de 394 millions de dollars à 465 millions de dollars entre 2016 et 2017. L'une des principales raisons de l'augmentation des coûts et des ventes enregistrée cette année est la baisse du nombre d'actifs en phase finale de développement.

Selon l'étude annuelle Un nouvel avenir pour la R&D? Mesurer le rendement de l'innovation pharmaceutique 2017 réalisée par le Centre de Deloitte dédié aux solutions de santé (disponible en anglais), les prévisions de retour sur investissements (ROI) en recherche et développement (R&D) des 12 plus grandes sociétés biopharmaceutiques, dont Roche et Novartis, atteignent seulement 3,2 % cette année, contre les 10,1 % enregistrés en 2010.

Le coût moyen de la mise sur le marché d'un médicament par ces entreprises a atteint le niveau record de près de 2 milliards de dollars, contre 1539 millions de dollars en 2016. Cependant, les prévisions de ventes record par actif (la somme d'argent qu'un médicament est susceptible de générer annuellement) ont augmenté de 18 %, passant de 394 millions de dollars à 465 millions de dollars entre 2016 et 2017. Les prévisions de ventes sont calculées sur une période d'environ 21 ans. Cela pourrait s'expliquer par le fait que les entreprises se concentrent davantage sur des produits à plus forte valeur et ciblent des domaines où les besoins médicaux ne sont pas comblés ou encore des troubles rares.

«Restées leaders de l’industrie, les entreprises suisses font partie de celles qui investissent le plus dans la R&D. Elles continuent d'innover à grande échelle en réussissant à pousser pour l’adoption de nouvelles technologies comme l'utilisation thérapeutique des cellules CAR-T et ce, grâce à l'autorisation ou à l'élargissement des domaines thérapeutiques de médicaments existants. Cela permettra à l'oncologie de rester un moteur important des revenus de l'entreprise. Cependant, il est clair que l'industrie toute entière doit affronter des défis liés aux dépenses nécessaires à la création de ces innovations », explique Vicky Levy, responsable du département Sciences de la vie chez Deloitte Suisse.

L'industrie pharmaceutique a besoin d'un remède : les rendements de la R&D continuent de baisser – le modèle actuel n'est pas viable

Moins d'actifs en phase finale de développement

Le principal facteur de l'augmentation des coûts et des ventes enregistrée cette année est la baisse du nombre d'actifs en phase finale de R&D avant le lancement d'un médicament sur le marché (avancée de la phase II, phase III et dépôt). Malgré les niveaux record du nombre d'autorisations pour de nouveaux médicaments atteints ces dernières années, le nombre de thérapies en phase finale s’élève à 159, un résultat en baisse de 16 % par rapport à 2016.

«Il s’agit sans doute là d’une indication qu'en 2017, les entreprises pourraient avoir délibérément retiré de leurs pipelines un certain nombre d'actifs qui ne semblaient pas pouvoir atteindre les seuils réglementaires ou de remboursement pour assurer leur viabilité. Elles pourraient aussi avoir privilégié la qualité à la quantité ou des taux d'échec élevés auraient pu être enregistrés dans des domaines techniquement complexes», explique Vicky Levy. Et d’ajouter: « L'industrie fait face à de nombreux défis pour récupérer ses investissements, notamment une concurrence accrue, l'expiration des brevets, la baisse de la rentabilité, le durcissement du contrôle réglementaire, et sans doute la question la plus sensible : les prix. »

Les acteurs suisses dans le domaine du cancer

Dans le domaine du traitement du cancer, les fournisseurs continuent de payer des prix élevés. En effet, le pourcentage des prévisions de revenus générés par les pipelines en oncologie en phase finale a considérablement augmenté par rapport à l'ensemble du marché, passant de 18 % en 2010 à 37 % en 2017. « Les nombreux besoins médicaux qui restent à combler, les percées importantes dans le domaine de la recherche contre le cancer et l'augmentation des rendements potentiels incitent les entreprises à investir davantage dans les thérapies anti-cancéreuses. Les deux entreprises suisses figurent parmi les leaders mondiaux de l’oncologie et continuent d'investir dans l'innovation et le développement de leur portefeuille dans ce domaine. L'annonce récente du rachat par Novartis d’Advanced Accelerator Applications, le groupe français doté d'une technologie qui permet de traiter les tumeurs endocrines gastro-pancréatiques difficiles à soigner, illustre cette stratégie d'investissement », explique Vicky Levy.

D'autres conclusions indiquent que les entreprises plus petites surpassent les plus grandes. Depuis 2015, outre les 12 sociétés inclues dans l'échantillon initial, quatre sociétés biopharmaceutiques de moyenne à grande capitalisation ont également été ajoutées à l'étude. Celles-ci continuent de surpasser la cohorte de sociétés pharmaceutiques initiale, avec des prévisions de rendements de 11,9 % en 2017 (contre 9,9 % en 2016), tout demeurent en-dessous du record de 17,7 % atteint en 2014.

Le modèle de la R&D actuel n'est pas viable: il doit changer

Les données analysées et les discussions menées avec les leaders de l'industrie révèlent que le modèle de R&D actuel de l'industrie pharmaceutique n'est pas viable. « Notre analyse est un rappel brutal que l'investissement dans la R&D est une entreprise très rentable mais à haut risque. Chaque année, des milliards sont consacrés au développement de nouveaux médicaments ; pourtant, la grande majorité de ceux qui sont prometteurs ne parviennent jamais à être mis sur le marché. Mais quelque chose doit changer dans le domaine de la R&D pharmaceutique, surtout si l’on tient compte du fait qu'il est peu probable que les conditions de tarification s'améliorent. Alors que ces tendances se poursuivent, nous voyons l'industrie, y compris le leadership des entreprises suisses, adopter rapidement des processus et des technologies visant à gérer plus énergiquement le coût croissant du développement », explique Nico Kleyn, associé et responsable du conseil pour l'industrie des sciences de la vie.

Le rapport montre que les progrès technologiques, dans des domaines tels que l'intelligence artificielle, les données empiriques (real-world evidence) et l’automatisation, ont la capacité d'améliorer considérablement la productivité de la R&D. De même, les dispositifs portables connectés et la télémédecine ont le potentiel de transformer l'expérience des patients participant à des essais cliniques ainsi que leur nombre. « Les entreprises adoptent énergiquement ces innovations qui portent en elles la promesse d'accroître la productivité, l'innovation et la rapidité de mise sur le marché. A l'égard de ces technologies, nous observons le passage d'un état d'esprit axé sur l'expérimentation à un état d'esprit axé sur la transformation, ce qui contribuera à créer une industrie pharmaceutique dynamique et viable. Ce résultat est crucial pour l'avenir de la santé publique mondiale », affirme Nico Kleyn.

A propos de cette étude
L'étude « Se tourner vers l'avenir de la R&D : « Mesurer le rendement de l'innovation pharmaceutique 2017 », a été produite par Deloitte, à partir de données recueillies dans des rapports annuels audités publics et des prévisions fournies par la société d'étude et de conseil GlobalData. Le rapport présente la dernière analyse, unique en son genre, de Deloitte sur le rendement généré par l'industrie des sciences de la vie à partir de son investissement annuel conséquent dans de nouveaux produits innovants. La cohorte initiale, constante depuis 2010, comprend les 12 principales sociétés de sciences de la vie axées sur la recherche cotées en bourse, à l'aune des dépenses en R&D de 2008-2009, à savoir Amgen, AstraZeneca, Bristol-Myers Squibb, Eli Lilly, GlaxoSmithKline, Johnson & Johnson, Merck & Co., Novartis, Pfizer, Roche, Sanofi et Takeda. La cohorte supplémentaire a été sélectionnée en fonction de la perception des récentes performances et des dépenses en R&D pharmaceutique. AbbVie, Biogen, Celgene et Gilead Sciences. En savoir plus sur la méthodologie.

Deloitte Suisse
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Deloitte Suisse est une filiale de Deloitte North West Europe, société affiliée de Deloitte Touche Tohmatsu Limited ('DTTL'). Les sociétés affiliées de DTTL sont représentées dans plus de 150 pays avec environ 263’900 collaborateurs.

Note aux rédacteurs
Dans le présent communiqué de presse, la désignation Deloitte fait référence à une ou plusieurs sociétés membres de Deloitte Touche Tohmatsu Limited ('DTTL'), une « UK private company limited by guarantee » (une société à responsabilité limitée de droit britannique). DTTL et son réseau de sociétés affiliées forment chacune une entité juridique indépendante et séparée.

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