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Brexit readiness update

Actualités des PME

26 juillet 2019

Un Brexit sans accord plus que probable

Immédiatement après sa nomination au poste de Premier ministre du Royaume-Uni, Boris Johnson a répété qu’il négocierait un nouvel accord de Brexit avec l’UE, sans le « filet de sécurité antidémocratique ». « Nous allons respecter les promesses que le Parlement a réitérées au peuple et quitterons l’UE le 31 octobre », a-t-il confirmé.

Même s’il est persuadé de parvenir à un nouvel accord, il a souligné « que nous nous préparons à la probabilité que Bruxelles refuse de négocier davantage et que nous soyons dès lors contraints à un Brexit dur, donc sans accord, non parce que nous le souhaitons - absolument pas -, mais bien parce que c’est du bon sens. » Il a ajouté que les préparatifs à un Brexit sans accord seraient accélérés et a promis que les ports, les banques, les entreprises, les commerces, les hôpitaux, les entreprises alimentaires et les agriculteurs seraient prêts à pour la sortie.

Sous le nouveau gouvernement, le Parlement britannique continuera à jouer un rôle de premier plan dans la gestion du Brexit. Le 18 juillet, les parlementaires ont approuvé un amendement de la Northern Ireland Bill, imposant au nouveau gouvernement de mener des débats réguliers à l’approche de l’échéance du mois d’octobre. L’objectif est d’empêcher le nouveau Premier ministre de suspendre le Parlement afin de faire passer un « Brexit sans accord ».

Enfin, le résultat final dépendra essentiellement de la position des dirigeants de la Commission européenne. Michel Barnier a déclaré que l’accord de retrait négocié par Theresa May, et rejeté à trois reprises, était « le seul mode de sortie de l’UE de manière ordonnée ». Dans un courrier adressé aux gouvernements des Etats européens, il a écarté la demande du nouveau Premier ministre britannique selon laquelle un nouvel accord de Brexit est nécessaire afin de traiter la question de la frontière irlandaise. Selon Barnier, la position de Johnson est « inacceptable ». Ursula von der Leyen, la nouvelle Présidente récemment élue de la Commission européenne, a déclaré être disposée à accorder au Royaume-Uni une nouvelle prolongation des négociations au sujet du Brexit, pour autant que Londres puisse faire valoir de bonnes raisons.

Bien que le résultat final soit hautement incertain, il apparaît que la probabilité d’un Brexit sans accord grandit. Dès lors, les entreprises doivent, plus que jamais, commencer à se préparer à un Brexit (sans accord) afin de garantir leur pérennité.

Le Conseil de l’UE a adopté des mesures d’urgence pour un Brexit sans accord

Le 7 juillet, le Conseil de l’UE a adopté des mesures d’urgence concernant la mise en œuvre et le financement du budget 2019 de l’UE dans le cas d’un Brexit sans accord. Les mesures permettraient à l’UE de poursuivre les paiements aux bénéficiaires britanniques, aussi longtemps que le Royaume-Uni continue de payer ses contributions.

La majorité des entreprises belges ne sont pas préparées au Brexit

Plus tôt dans l’année, les Autorités douanières belges ont contacté quelque 20.000 entreprises belges qui font du commerce avec le Royaume-Uni et les ont encouragées à demander un numéro EORI (NL | FR). Les entreprises ont besoin d’un tel numéro afin de pouvoir continuer à commercer avec le Royaume-Uni après le Brexit. Dans une récente interview, Annie Vanherpe, agent des douanes chargée du Brexit pour les régions de Flandre occidentale et orientale, a déclaré que le nombre d’entreprises ayant pris des mesures à la suite des campagnes menées par les autorités douanières, était « décevant » (NL | FR).

Cela est surprenant et, dans le même temps, inquiétant, étant donné que Zeebruges est le principal centre de distribution vers le Royaume-Uni pour ce qui concerne les produits alimentaires, les boissons, les vêtements, les voitures, etc. Les chauffeurs de camion seront vraisemblablement bloqués dans le port de Zeebruges s’ils ne peuvent présenter les documents nécessaires permettant le commerce avec le Royaume-Uni après le Brexit.

La KUL a publié une analyse sectorielle des impacts du Brexit sur les États membres de l’UE

La Katholieke Universiteit Leuven (KUL) a récemment publié un rapport, qui a été commandé par le département international flamand des Affaires étrangères. L’étude a été conduite sous la direction du professeur Hylke Vandenbussche. Le rapport présente une analyse des impacts sectoriels du Brexit pour chacun des 28 États membres de l'UE.

Les principaux résultats de l’étude peuvent être résumés comme suit :

  • Il est estimé qu’un Brexit négocié engendrerait une perte de 0,38% du PIB et de quelque 280.000 emplois pour l’UE-27. Pour le Royaume-Uni, cette perte est estimée à 1,2% du PIB et à quelque 140.000 emplois.
  • Il est estimé qu’un Brexit dur engendrerait une perte de 1,54% du PIB et de quelque 1.200.000 emplois pour l’UE-27. Pour le Royaume-Uni, cette perte est estimée à 4,4% du PIB et à quelque 525.000 emplois.
  • La Belgique devrait être un des pays européens les plus affectés. Dans le cas d’un Brexit dur, il est estimé que la Belgique perdrait 2,35% de sa valeur ajoutée dans la production et 42.000 emplois. Dans le cas d’un Brexit négocié, les pertes devraient s’élever à 10.000 emplois et à 0,58% du PIB.
  • Sur ces 42.000 emplois perdus en Belgique à la suite d’un Brexit dur, 28.000 le seraient en Flandre (ce qui correspond à 1,06% de la population active flamande), 10.000 en Wallonie et quelque 4.000 à Bruxelles.
  • En Belgique, les secteurs les plus impactés par le Brexit seront ceux de l’alimentation et des boissons, du textile, des produits chimiques, mais également des services (essentiellement, les activités administratives et de support).

Impact des propositions britanniques sur l’immigration après le Brexit sur les entreprises britanniques employant des ressortissants non britanniques

Il ressort d’une étude menée par la Chambre britannique de commerce que « 53% des 380 entreprises employant actuellement des ressortissants non britanniques seraient négativement affectées par les propositions relatives à l’immigration, exigeant que tous les travailleurs migrants qualifiés perçoivent un salaire annuel minimum de 30.000 £ après que le Royaume-Uni ait quitté l’UE ».

L’étude s’est penchée sur plusieurs propositions « post-Brexit » relatives à l’immigration, incluant les plans visant à « imposer une condition d’un emploi de 12 mois et de résidence aux migrants peu qualifiés », alors que 57% des employeurs affirment que cette proposition les « impacterait négativement ».

Accords commerciaux britanniques

Le Royaume-Uni a conclu un accord de principe sur la poursuite des relations commerciales avec la Corée du Sud. L’accord a pour objet de pérenniser les accords commerciaux conclus par le Royaume-Uni en sa qualité de membre de l’UE. Cet accord devrait être signé sous peu.

Comparaissant devant le Comité de sélection du Parlement européen sur la sortie de l’UE, Stephen Barclay, le Ministre britannique en charge du Brexit, a déclaré que le Royaume-Uni couvre désormais, en termes de valeur, 63% des relations commerciales via des accords de maintien des relations commerciales, alors que ce pourcentage ne s’élevait qu’à 28% au mois de mars. Barclay a également ajouté que les secteurs automobiles et agricoles seraient indemnisés dans le cas d’un Brexit sans accord.

Un ralentissement de la croissance britannique attendu

Selon la Chambre de commerce britannique, la croissance économique britannique devrait ralentir et atteindre les niveaux les plus bas depuis la crise financière étant donné que les entreprises écoulent les stocks constitués en vue du Brexit. À l’approche du 29 mars, date initialement fixée pour le Brexit, de nombreuses entreprises avaient constitué des stocks afin d’éviter toute pénurie. Cela avait poussé à la hausse le taux de croissance économique au cours du premier trimestre de l’année. Après que le report de la date du Brexit, les entreprises ont commencé à écouler leurs stocks sans toutefois passer de commandes pour de nouvelles marchandises.

La nouvelle échéance du Brexit, fixée au 31 octobre, peut toutefois inciter les entreprises à constituer de nouveaux stocks, ce qui impacterait positivement la croissance économique à court terme. Toutefois, les prévisions à long terme font état qu’un Brexit sans accord affaiblirait encore la croissance économique du Royaume-Uni.

Besoin d’une aide dans les préparatifs en vue du Brexit ?

À la suite des derniers évènements politiques au Royaume-Uni et au sein de l’UE, on peut affirmer que la probabilité d’un scénario « sans accord » s’est accrue.

Trois mois seulement nous séparent du 31 octobre. Les entreprises possédant des intérêts commerciaux au Royaume-Uni sont encouragées à débuter sans délai les préparatifs en vue du Brexit et ce, afin de garantir une pérennisation des activités après le Brexit.

Deloitte peut vous aider de différentes manières.

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Une solution de base et accessible à la préparation au Brexit pour les petites, moyennes et grandes entreprises entamant leurs préparatifs en vue du Brexit ou qui souhaiteraient discuter de ces préparatifs avec des experts de Deloitte en la matière.

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Publié le 8/08/2019

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