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Deloitte CFO Survey : Les CFO suisses prévoient un boom économique – l’Europe espère une hausse plus rapide des taux d’intérêt

Zurich, le 14 novembre 2017

Les perspectives des entreprises suisses n’ont jamais été aussi belles depuis la crise du franc. Une progression plus rapide des chiffres d’affaires, un renforcement des marges, une augmentation des investissements, et une économie revigorée… La dernière CFO Survey du cabinet de conseil Deloitte affiche une série de chiffres records. En Europe, les CFO françaises en particulier affichent un dynamisme remarquable. Les CFO des entreprises de la zone euro sont très peu impressionnées par la politique de la Banque centrale européenne en matière de taux d’intérêt. Dans le même temps, les indicateurs britanniques sont à la baisse.

Les CFO suisses se montrent plus optimistes qu’ils ne l’ont été depuis que la Banque nationale suisse (BNS) a supprimé le taux de change plancher du franc suisse mi-janvier 2015. L’optimisme quant à la conjoncture économique et les prévisions de croissance prévalent largement parmi les dirigeants. 74 % des CFO se montrent optimistes quant aux perspectives économiques de la Suisse, contre 71 % au trimestre précédent. Presque quatre sondés sur cinq (79 %) prévoient une hausse du chiffre d’affaires au cours des douze prochains mois, un chiffre en légère hausse par rapport aux 76% enregistrés au trimestre précédent. Plus des deux tiers des CFO (68 %) jugent positivement les perspectives financières de leur entreprise, contre 66 % au trimestre précédent, et 41 % s’attendent à des marges plus élevées, contre 38% au trimestre précédent. Aussi, les bénéfices dégagés par les entreprises suisses devraient progresser l’an prochain.

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Le sondage réalisé en septembre auprès de 114 CFO indique aussi une augmentation des dépenses d’investissement prévues, majoritairement en Suisse. C’est un signe encourageant pour la conjoncture économique nationale. Ce regain d’optimisme s’explique par un environnement économique favorable et surtout par l’affaiblissement du franc.

Cet optimisme reste néanmoins fragile, en particulier si l’on considère l’éventualité d’un renforcement du franc. Les risques liés aux taux de change se retrouvent donc au centre des préoccupations des CFO. Toutefois, ces risques sont moins prédominants qu’auparavant étant donné que la majorité des entreprises suisses sont préparées à faire face à un environnement volatil et aux risques liés aux taux de change.

Les problèmes internes à l’entreprise figurent au deuxième rang des risques les plus préoccupants cités par les CFO ; les risques géopolitiques sont perçus comme étant moins importants qu’auparavant, comme Michael Grampp, Chief Economist chez Deloitte Suisse, explique. « Les entreprises suisses ont largement confiance dans les tendances économiques européennes et dans la stabilité du commerce mondial. De plus, elles semblent mieux adaptées aux impondérables actuels de la politique américaine. Elles se sont renforcées et ont développé leurs capacités d’analyse et de réaction. Enfin, leurs produits et prestations innovants les rendent moins vulnérables aux risques externes. »

Dans l’attente de la reprise, le moral des CFO est au beau fixe

« Les CFO suisses attendent avec impatience la reprise: tous les indicateurs pertinents sont en hausse », poursuit Michael Grampp. « La reprise économique, attendue pour 2018, doit encore se concrétiser. On ne doit pas relâcher nos efforts. Mais, de manière générale, on peut dire que la plupart des entreprises suisses se sont relevées de la crise du franc, laquelle a eu des répercussions moins graves qu'attendues. Beaucoup d’entreprises des secteurs exportateurs avaient fortement réduit leurs investissements et leurs effectifs. Désormais, la volonté d’investir s’est à nouveau généralisée ; les entreprises exportatrices sont beaucoup plus disposées que les autres à prévoir une hausse d’effectifs. »

Les entreprises européennes sont optimistes – sauf au Royaume-Uni

L’enquête menée en parallèle auprès de plus de 1500 CFO en Europe indique que, dans la plupart des pays, les CFO se montrent plus optimistes quant aux perspectives pour leurs entreprises que lors du dernier sondage réalisé il y a six mois. Les CFO s’attendent à des chiffres d’affaires élevés et croissants, prévoient davantage d’investissements et une nette augmentation des effectifs. C’est un résultat très encourageant compte tenu des taux de chômage élevés dans les pays latins.

Pour certaines grandes puissances économiques comme la France, les indicateurs – en particulier les chiffres d’affaires, les investissements et les effectifs – témoignent d’un optimisme presque euphorique. L’Allemagne (chiffres d’affaires), l’Italie (marges) et l’Espagne (investissements) affichent également de bons chiffres. L’incertitude perçue diminue progressivement dans l’ensemble, sauf au Royaume-Uni où la plupart des indicateurs se sont détériorés en raison du climat d’incertitude qui s’est installé suite au Brexit.

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La plupart des CFO de la zone euro interrogés en septembre s’attendaient à une hausse des taux d’intérêt en l’espace d’une année. Ils ont probablement été déçus par la décision prise par la BCE à la fin du mois d’octobre. Cependant, deux tiers estiment que la politique monétaire ne constitue pas une préoccupation majeure et affirment qu’ils conserveraient leur stratégie même en cas de changement des taux d’intérêt.

« Ce sont dans les pays les plus forts économiquement que les CFO se montrent les plus critiques par rapport à la politique monétaire de la BCE. La plupart d’entre eux estiment qu’elle est trop conciliante et craignent l’émergence de bulles immobilières ou des réactions excessives sur les marchés financiers. Ils ne veulent plus attendre des années pour voir un revirement des taux d’intérêt et aspirent à un retour à la normale de la politique monétaire », précise Dennis Brandes, Senior Economic Analyst et co-auteur de l’enquête.

En Suisse, pas de revirement des taux d’intérêt avant 2020

C’est en Suisse que la proportion de CFO qui prévoient un relèvement des taux d’intérêt dans leur pays au cours des 12 prochains mois est la plus modeste. « En Suisse, les entreprises prévoient désormais plutôt un maintien de la politique de taux d’intérêt négatifs pendant plus longtemps. Même si la croissance économique est stable, la BNS ne peut guère relever ses taux d’intérêt avant la zone euro si bien que nous ne prévoyons pas de hausse des taux avant début 2020 », estime Dennis Brandes.

Vous trouverez des informations et données détaillées sur la Deloitte CFO Survey sur notre site, et les résultats européens dans notre magazine interactive European CFO Survey.

 

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