La blockchain expliquée

Points de vue

La blockchain expliquée... en moins de 100 mots

J’ai récemment assisté à un séminaire au cours duquel le concept de chaîne de blocs, ou blockchain, a été expliqué. A l’issue de la séance, en sortant de la salle, j’ai entendu un participant dire à son collègue : « Je ne suis toujours pas sûr de savoir précisément ce qu’est la blockchain... ».

Bon nombre d’entre nous savent que la chaîne de blocs est un sujet d’actualité brûlant. C’est un thème révolutionnaire, qui monte en puissance.

Il est peut-être au cœur de votre argumentaire éclair...

Mais imaginez maintenant qu’on vous arrête en plein milieu de votre démonstration pour vous demander : « Très bonne présentation, mais pouvez-vous m’expliquer comment cela fonctionne concrètement ? ».

Voici comment je m’efforce d’expliquer l’intention première de la chaîne de blocs en moins de 100 mots.

Vous (un « nœud ») avez un fichier de transactions sur votre ordinateur (un « registre »). Deux comptables publics (que nous appellerons des « mineurs ») possèdent le même registre sur leur ordinateur respectif (il est donc « distribué »). Lorsque vous effectuez une transaction, votre ordinateur envoie un e-mail à chaque comptable pour les en informer.

Chaque comptable se précipite pour être le premier à vérifier que vous pouvez vous permettre cette transaction (et gagner son salaire en « Bitcoins »). Le premier à effectuer la vérification et la validation appuie sur « RÉPONDRE À TOUS », et joint sa technique de vérification de la transaction (le « proof-of-work »). Si l’autre comptable est d’accord, tout le monde actualise son fichier…

Cette opération est rendue possible par la technologie « blockchain ».

C’est sûrement plus compliqué que cela, non ?

Oui, mais pas tant que ça au niveau du concept. Les choses se compliquent quand on le met en œuvre et qu’on tente d’en retirer de la valeur. L’exemple ci-dessus sera bien évidemment jugé trop simpliste pour certains, mais il peut constituer un point de départ pour d’autres.

Dans un environnement traditionnel, des tiers de confiance servent d’intermédiaires aux transactions financières. Si vous envoyez un jour de l’argent à l’étranger, vous passerez par un intermédiaire, en général une banque. La transaction ne sera normalement pas instantanée (et pourra prendre jusqu’à 3 jours), et l’intermédiaire prélèvera une commission pour ses services, sous forme de frais de conversion au taux de change ou autres.

La technologie de chaîne de blocs originale est libre de droits et offre une alternative aux intermédiaires traditionnels pour les transferts en monnaie numérique Bitcoin. L’intermédiaire est remplacé par la vérification collective de l’écosystème, ce qui offre un degré élevé de traçabilité, de sécurité et de rapidité.

Dans l’exemple ci-dessus (une « chaîne de blocs publique »), il existe plusieurs « nœuds » comme vous sur le réseau qui agissent simultanément en tant qu’exécuteurs des transactions et mineurs. Les transactions sont regroupées par blocs avant d’être ajoutées à une chaîne de blocs. Les mineurs reçoivent une prime en Bitcoins en fonction du temps de calcul nécessaire pour déterminer a) si la transaction est valide et b) la clé mathématique qu’il convient de lier au bloc de transactions dans le registre ouvert, à l’emplacement adéquat. Plus le nombre de transactions exécutées est important, plus les Bitcoins viennent grossir l’offre de monnaie virtuelle. La « prime » que les mineurs reçoivent se réduira tous les quatre ans, jusqu’à ce que la production de Bitcoins finisse par cesser (même si, selon les estimations, cela ne sera pas avant 2140 !). Bien entendu, si la chaîne de blocs avait initialement pour but de fonctionner avec des Bitcoins, d’autres monnaies virtuelles peuvent être utilisées, à l’instar d’Ether.

Pourquoi dois-je connaître la chaîne de blocs ?

Pour trois raisons :

  1. La technologie de chaîne de blocs n’est pas nécessairement réservée à la sphère publique. Elle peut être utilisée dans le privé, les nœuds constituant alors simplement les points d’un réseau privé et la chaîne de blocs étant utilisée comme un registre distribué. Les établissements financiers subissent notamment une forte pression pour prouver qu’ils respectent les réglementations et bon nombre d’entre eux prennent de l’avance dans la mise en œuvre des chaînes de blocs. Les solutions sécurisées telles que la blockchain peuvent être la clé pour réduire les frais de conformité.
  2. La technologie de chaîne de blocs ne se limite pas à la finance. Elle peut être appliquée à toute transaction en plusieurs étapes nécessitant traçabilité et visibilité. Au niveau de la chaîne logistique notamment, la blockchain peut permettre de gérer et de signer des contrats ainsi que de vérifier la provenance des produits. Elle pourrait aussi servir de plateforme de vote, pour gérer les titres et actes et à bien d’autres usages encore. Plus les mondes numérique et physique convergeront, plus les applications pratiques de la blockchain se développeront.
  3. La croissance exponentielle et révolutionnaire de la blockchain découlera de la convergence entre les chaînes de blocs publiques et privées pour former un écosystème dans lequel les entreprises, les clients et les fournisseurs peuvent coopérer de manière sûre, traçable et virtuelle.

J’espère que ceci vous donnera matière à discuter de la blockchain, alors bon minage !

Cela vous a-t-il été utile ?