Etude

Etude Deloitte/Altares : l’entreprise en difficulté en France en 2020 

Des entreprises asymptomatiques face à la pandémie ?

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L’année 2020 est une année exceptionnelle, marquée par la pandémie mondiale Covid-19 et un recul du PIB national de -8,3%. Avec seulement 32 184 défaillances d’entreprises, 2020 entre dans l’histoire en atteignant le plus faible niveau de défaillances depuis 30 ans. Cela représente une baisse de 38% par rapport à 2019. En termes d’emplois menacés, on observe un recul de 25% en 1 an. Cette situation paradoxale, asymptomatique à première vue, s’explique notamment par la mise en place d’aides publiques massives.

Toutefois, cette année non normative livre, à travers notre décryptage, des variations surprenantes et des sous-tendances symptomatiques plus inquiétantes, constituant le socle des années à venir. Dans notre dernière enquête sur les entreprises défaillantes en France, nous dressons le panorama de cette année si particulière et dévoilons les perspectives pour l’année 2021.

Des chiffres globaux qui masquent des réalités très différentes en fonction de la taille d’entreprise

La dynamique baissière constatée au niveau national, toutes entreprises confondues, est en réalité loin d’être linéaire : si les défaillances des entreprises de moins de 20 salariés reculent de manière significative (-38%) et plus fortement que celles des entreprises qui comptent entre 20 et 500 salariés (-28%), les défaillances d’entreprises de plus de 500 salariés sont en revanche en forte hausse (+73%).

Variation du nombre d'ouvertures de procédures collectives par tranche d'effectif (2020 vs 2019)

2021-2022 : à quand « l’effet boomerang » ?

A quel moment les symptômes économiques et financiers de cette crise inédite pour les entreprises vont-ils
apparaitre ? Ou dit autrement, à quel moment faut-il redouter une ou plusieurs vagues de défaillances et quel sera l’impact sur les emplois ?

Les données communiquées par notre partenaire Altares concernant le premier trimestre 2021 (-32%), et nos analyses confirment la poursuite de la tendance baissière en termes du nombre d’ouvertures de procédures collectives pour le 1er semestre 2021. Attention toutefois, l’année 2021 a d’ores et déjà été marquée par des procédures de taille significative à fort impact social – Office Depot (1 750 salariés), Manoir Industries (1 088 salariés), Appart’City (1 084 salariés), etc – suggérant potentiellement une divergence entre le recul du nombre de procédures et le nombre d’emplois menacés en 2021.

L’occurrence de cet effet boomerang dépend de plusieurs facteurs clés : le maintien des aides, l’attitude des créanciers publics, des banques et des compagnies d’assurance, mais aussi des modalités de remboursement des Prêts Garantis par l’Etat. De plus, la possibilité de recourir à des PGE vient d’être prolongée jusqu’à fin 2021. Eviter le retour à une situation symptomatique revient, pour le gouvernement, à un pilotage délicat entre le dosage décroissant, de manière équilibrée, des aides en fonction de la relance de l’économie. De fait, nous n’anticipons pas l’apparition des premiers symptômes généralisés avant le 4ème trimestre 2021, voire
le 1er semestre 2022, conclut Jean-Pascal Beauchamp, Associé responsable du département Restructuring financier chez Deloitte.

L’entreprise en difficulté en France en 2020

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Des entreprises asymptomatiques face à la pandémie ?

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