Posted: 25 Mar. 2020 5 Temps de lecture

Suivi économique et énoncé sur les mesures de stimulation économique du gouvernement fédéral

  • Le Canada est aux prises avec une crise sanitaire et économique sans précédent. 
  • Les Services économiques de Deloitte surveillent les faits nouveaux en matière d’économie et de politiques publiques. Nous mettons à jour les prévisions macroéconomiques au fur et à mesure de l’arrivée de nouvelles informations. Il semble maintenant que l’économie canadienne ait enregistré une contraction considérable au premier trimestre, possiblement de l’ordre de  1,5 % (taux annualisé). Il est probable que l’économie enregistrera une forte baisse au deuxième trimestre, possiblement aux alentours de -15% (taux annualisé); soit environ trois fois plus que les baisses trimestrielles enregistrées en 2008-2009. Nous nous attendons à ce que cette faiblesse s’atténue au troisième trimestre, lorsque les mesures de confinement seront assouplies, et prévoyons une reprise au quatrième trimestre de 2020 ou au début de 2021. L’économie subira donc une contraction importante en 2020.
  • Le chômage montera en flèche. Le Globe & Mail a indiqué le 24 mars que selon ses sources, un million de Canadiens ont présenté une demande d’assurance-emploi en mars. Cela représente 5 % de la population active et suggère que le taux de chômage a doublé en seulement un mois. D’autres pertes d’emploi sont attendues dans les mois à venir, mais comme nous l’indiquons ci-dessous, elles pourraient être atténuées si davantage d’employeurs choisissent de mettre à pied des employés.
  • Le gouvernement fédéral a annoncé aujourd’hui avoir ajusté le plan pour atténuer le choc de revenu des travailleurs dont le revenu est tombé à zéro. La nouvelle prestation s’adresse à tous les travailleurs sans emploi et mis à pied (c’est-à-dire les employés conservant leur lien d’emploi, mais ne recevant aucune rémunération). Le gouvernement leur offrira un soutien financier pendant 16 semaines, dont la valeur pourrait aller jusqu’à 2 000 $ par mois. M. Morneau, le ministre des Finances, a précisé que cette nouvelle approche sera plus simple à gérer et que les prestations devraient parvenir aux travailleurs le 6 avril.
  • Il s’agit, de fait, d’un programme de prestation d’un revenu minimum visant expressément à offrir aux travailleurs un moyen de continuer à payer leurs factures lorsqu’ils sont dans l’incapacité de travailler. Ce programme pourrait également réduire la forte hausse du taux de chômage attendue, étant donné que les travailleurs mis à pied se déclareront comme étant toujours employés auprès de Statistique Canada bien qu’ils ne percevront pas de rémunération. Il pourrait aussi réduire les flux de trésorerie négatifs auxquels les entreprises pourraient faire face en facilitant la décision par celles-ci de mettre à pied des travailleurs, sachant que ces travailleurs bénéficieront d’un soutien financier. Autre bénéfice attendu de ce programme, les entreprises devraient pouvoir relancer plus facilement leurs activités une fois la crise derrière elles, car elles n’auront pas besoin de réembaucher leurs employés mis à pied. 
  • Ceci étant, le revenu de remplacement sera inférieur au salaire que de nombreux travailleurs percevaient jusque-là et n’empêchera donc pas que les revenus d’emploi subissent un choc négatif. Qui plus est, il ne semble pas que les entreprises pourront verser le manque à gagner à leurs employés bénéficiant du programme, puisque, bien que ceci reste à confirmer, une des conditions d’admissibilité est que le travailleur ne perçoive plus aucun salaire. 
  • Outre celles sur le revenu des particuliers, les conséquences négatives sur les flux de trésorerie des entreprises et leurs bilans demeurent une des principales sources de préoccupation. De nombreuses annonces ont d’ailleurs été faites quant au maintien et à l’extension de l’accès au crédit. Il est toutefois probable que nombreuses seront les entreprises qui auront besoin d’un soutien plus important que celui offert pour l’instant. À entendre les commentaires de certains responsables gouvernementaux, on peut s’attendre à ce que le gouvernement fédéral et les gouvernements provinciaux annoncent d’autres mesures visant à remédier à cette vulnérabilité. Le temps nous dira si la réponse politique aura été suffisamment rapide et significative.
  • Enfin, la Chambre des communes a ratifié le programme de stimulation économique de 82 milliards de dollars du gouvernement fédéral. De plus, les ajouts au programme portent sa valeur totale à 107 milliards de dollars.

Perspectives économiques

Un aperçu régulièrement mis à jour par les Services économiques de Deloitte qui fournit des commentaires de l’économiste en chef Craig Alexander sur les derniers événements qui façonnent les économies canadienne et mondiale, incluant la croissance économique, les investissements d’entreprises, le commerce et l’activité sur les marchés. Notre analyse vous donne les connaissances nécessaires pour régler les problèmes d’affaires actuels les plus difficiles.

À propos de l’auteur

Craig Alexander

Craig Alexander

Économiste en chef et Conseiller de direction

Craig Alexander est le premier économiste en chef de Deloitte Canada, et il possède plus de vingt ans d’expérience dans le secteur privé à titre de cadre supérieur et d’économiste en chef dans les domaines de l’économie appliquée et des prévisions économiques. M. Alexander a effectué des recherches macroéconomiques et des analyses régionales et sectorielles, ainsi que des prévisions et de la modélisation relatives aux marchés fiscaux. Il est également un conférencier passionné, et il est titulaire d’un diplôme d’études supérieures en économie de l’Université de Toronto.