Posted: 26 Mar. 2020 5 Temps de lecture

Les demandes de chômage montent en flèche, mais d’importantes mesures de relance sont prévues

  • À ce jour, les données sur les demandes initiales de prestations de chômage aux États-Unis sont les premières montrant les graves conséquences économiques de la pandémie de COVID-19. Les demandes initiales de prestations de chômage ont augmenté de 3 millions la semaine dernière pour atteindre 3,3 millions – le record précédent était de 695 000. Bien que le nombre de demandes initiales soit alarmant, cette augmentation ne découle pas uniquement de la situation économique, mais reflète plutôt les efforts du gouvernement pour endiguer la propagation du virus. Par conséquent, au lieu de la hausse graduelle qui se produit lors d’une récession plus « typique », les demandes initiales devraient, après cette montée en flèche, diminuer au cours des prochaines semaines. Selon nos analyses, la hausse des demandes initiales pourrait porter le taux de chômage à 12 %. Bien que le délai de traitement des demandes d’assurance-chômage au Canada rend moins précises les prévisions de taux de chômage, nous nous attendons à ce que celui-ci grimpe à un taux se situant également dans les deux chiffres faibles.
  • Des mesures de relance budgétaire continuent d’être annoncées. Celles-ci sont essentielles pour atténuer le ralentissement et stimuler la reprise.
  • Hier, le gouvernement fédéral a annoncé une expansion de l’aide au revenu pour les travailleurs, maintenant nommée la Prestation canadienne d’urgence. Elle élargit l’Allocation de soins d’urgence et l’Allocation de soutien d’urgence, annoncées antérieurement, afin d’inclure non seulement les travailleurs qui ont perdu leur emploi mais également les employés salariés qui ne reçoivent pas leur paie. Cette expansion fait passer l’ensemble des mesures de relance de 82 G$ à 107 G$, soit 4,5 % du PIB. Les mesures de soutien aux entreprises sont à venir. Le ministre des Finances, M. Morneau, a affirmé que l’aide pour le secteur pétrolier sera annoncée « probablement dans les jours à venir ». Des mesures de soutien seront aussi nécessaires pour d’autres secteurs durement touchés.
  • Le gouvernement de l’Ontario a publié une mise à jour économique et budgétaire. Compte tenu du temps nécessaire à la préparation de la mise à jour et à l’élaboration des mesures fiscales, il va de soi que les prévisions économiques (qui indiquent une croissance nulle en 2020) et les prévisions budgétaires ne reflètent pas la profonde récession qui se dessine actuellement. Fait plus important encore que les chiffres qui se rapportent à l’économie et au budget, l’Ontario a annoncé de nouvelles mesures prévoyant un montant de 17 G$ afin de soutenir la croissance économique et remédier à la situation causée par la COVID-19 : un montant de 3,3 G$ pour les soins de santé, un montant de 3,7 G$ pour le soutien direct et un report de l’impôt à payer par les particuliers et les entreprises représentant jusqu’à 10 G$.
  • D’importantes mesures de relance budgétaire américaines font actuellement l’objet d’un débat au Congrès. Bien que certains détails puissent encore changer, le projet de loi sera fort probablement adopté par le Congrès et signé par le président Trump plus tard cette semaine. Les mesures de relance d’environ 2 T$ constituent les plus importantes mesures de relance budgétaires jamais entreprises. Le projet de loi comportant des affectations de crédits représente 10 % du PIB et éliminera près de 60 sous pour chaque dollar que le gouvernement fédéral prévoit percevoir en revenus fiscaux pour l’exercice considéré. Ces mesures sont deux fois plus importantes que la loi prévoyant 831 G$ promulguée par le président Obama il y a onze ans.
  • Le projet de loi prévoit des paiements uniques de 1 200 $ et de 500 $ pour chaque adulte et enfant, respectivement, afin de stimuler les dépenses de consommation lorsque les entreprises reprendront leurs activités. Ces mesures prévoient aussi quelque 500 G$ en prêts aux grandes sociétés et 367 G$ en aide aux petites entreprises, afin de soutenir les secteurs les plus touchés et assurer l’accès au crédit et à des liquidités en cette période de turbulence.
  • Une entrevue avec M. Ben Bernanke effectuée récemment sur la chaîne CNBC a reçu beaucoup d’attention. M. Bernanke, qui était président de la Fed pendant la Grande Récession et qui a étudié la Grande Dépression, affirme que le ralentissement actuel « est un phénomène très différent de la Grande Dépression » et « qu’il suscite un peu le même sentiment de panique et une volatilité semblable, [mais] qu’il ressemble davantage à une catastrophe naturelle qu’à une dépression classique des années 1930 ». M. Bernanke conclut qu’il s’attend à une récession « très marquée » aux États-Unis et à une reprise « assez rapide ».

Perspectives économiques

Un aperçu régulièrement mis à jour par les Services économiques de Deloitte qui fournit des commentaires de l’économiste en chef Craig Alexander sur les derniers événements qui façonnent les économies canadienne et mondiale, incluant la croissance économique, les investissements d’entreprises, le commerce et l’activité sur les marchés. Notre analyse vous donne les connaissances nécessaires pour régler les problèmes d’affaires actuels les plus difficiles.

À propos de l’auteur

Craig Alexander

Craig Alexander

Économiste en chef et Conseiller de direction

Craig Alexander est le premier économiste en chef de Deloitte Canada, et il possède plus de vingt ans d’expérience dans le secteur privé à titre de cadre supérieur et d’économiste en chef dans les domaines de l’économie appliquée et des prévisions économiques. M. Alexander a effectué des recherches macroéconomiques et des analyses régionales et sectorielles, ainsi que des prévisions et de la modélisation relatives aux marchés fiscaux. Il est également un conférencier passionné, et il est titulaire d’un diplôme d’études supérieures en économie de l’Université de Toronto.