Perspectives

L’avenir de la mobilité dans les secteurs de l’aéronautique et de la défense

Des technologies en rapide évolution pour assurer l’avenir des voitures volantes

Même si on a l’impression que les voitures volantes relèvent de la science-fiction, l’évolution rapide des technologies dans les secteurs de l’aéronautique et de la conception d’aéronefs semble pouvoir en faire une réalité, ce qui pourrait contribuer à créer un système de transport moins coûteux, plus rapide, plus propre, plus sécuritaire et davantage intégré. Vous trouverez ci-dessous une série d’articles qui portent sur les véhicules autonomes aériens de passagers ainsi que sur les occasions et les enjeux pour la prochaine ère de mobilité aérienne.

L’avenir du transport aérien : cinq choses que les Canadiens doivent savoir

Cet été, pendant nos vacances, ma famille et moi avons pris l’avion à plusieurs reprises pour faire de courts déplacements. La plupart d’entre nous considèrent que les déplacements en avion vont de soi, tout comme nous nous attendons à ce que les biens achetés en ligne parcourent le globe pour nous être livrés ou que nous et nos valises parvenions à destination...

par Gérald Faustino, leader national, Aérospatiale et défense, Deloitte Canada


par Gérald Faustino, leader national, Aérospatiale et défense, Deloitte Canada

Cet été, pendant nos vacances, ma famille et moi avons pris l’avion à plusieurs reprises pour faire de courts déplacements. La plupart d’entre nous considèrent que les déplacements en avion vont de soi, tout comme nous nous attendons à ce que les biens achetés en ligne parcourent le globe pour nous être livrés ou que nous et nos valises parvenions à destination en sécurité. La nécessité de nous déplacer ou de déplacer les objets qui nous entourent, dans notre vie personnelle ou professionnelle, d’un endroit à un autre ne risque pas de changer de sitôt.

Ce qui risque de changer dans un avenir rapproché, c’est la manière dont se feront les déplacements aériens. En effet, le secteur de l’aérospatiale est en train de remodeler l’avenir du transport aérien (que nous appelons mobilité aérienne), et nous devrions bientôt voir certaines innovations dans le ciel : véhicules aériens autonomes, véhicules à atterrissage et à décollage verticaux électriques ou hybrides et une combinaison des deux.

Au Canada, l’apport du secteur de l’aérospatiale au PIB se chiffre à 25 milliards de dollars et représente 160 000 emplois. Ce secteur est le chef de file de l’industrie manufacturière canadienne en matière d’innovations et de compétences grâce à des investissements de plus de 1,4 milliard de dollars, soit près du quart des frais de recherche et développement (R&D) pour l’ensemble de l’industrie manufacturière; l’intensité de la R&D dans le domaine de l’aérospatiale étant cinq fois supérieure à celle de la moyenne de l’industrie manufacturière1. Voici cinq facteurs qui influeront sur la manière dont le secteur canadien de l’aérospatiale conservera sa position de leader dans l’avenir de la mobilité aérienne.

  1. 1. La sécurité en tête
  2. La sécurité est au premier plan de cette évolution des transports. Au Salon international de l’Aéronautique et de l’Espace 2019, qui a eu lieu à Paris cet été, lors de discussions avec des fabricants d’équipement d’origine (FEO) et des fournisseurs de services, nous avons appris que même si les nouveaux véhicules étaient très novateurs, une priorité toujours aussi élevée est accordée à la sécurité. Cette constatation est vraie pour tous les véhicules, pilotés ou non (pilote à bord, pilote à distance ou conduite autonome). Un groupe de discussion a suggéré la formation d’un consortium dans le but de certifier un ensemble d’algorithmes d’intelligence artificielle (IA) qui pourraient être utilisés dans un aéronef autonome. Ces algorithmes devraient être en code source ouvert et procurer un cadre sécuritaire aux développeurs de logiciels de pilotage autonome. Le Canada est en bonne position pour contribuer à cette initiative, grâce à son leadership et à ses investissements constants en IA.

    Les organismes de réglementation envoient le message qu’ils sont prêts à faire des affaires. Un représentant de l’une des plus grandes agences de transport a affirmé que l’agence pourrait passer au processus de certification dès que les FEO seraient prêts pour la mise en œuvre. Les itinéraires seront fondés sur les corridors aériens actuellement utilisés par les hélicoptères. Lors de ce salon, nous avons également appris que les agences s’attendent à une reconnaissance mutuelle des certifications, ce qui aura pour effet de réduire les délais d’approbation. Malgré l’accent mis sur la vitesse de certification, l’agence respecte l’engagement des FEO à l’égard de la sécurité et a aussi indiqué que ses membres assureraient la transparence concernant la responsabilité de notre sécurité2.

  3. 2.  Le transport des gens ordinaires et des marchandises
  4. Une grande partie des discussions sur l’avenir de la mobilité portent sur la capacité de ces nouveaux aéronefs à transporter des gens à l’intérieur des villes, ce qui résoudrait les problèmes de circulation et de congestion dans les régions métropolitaines. Ce que peu de gens savent, c’est que les FEO conçoivent des solutions de mobilité aérienne pour les citoyens ordinaires, pas seulement les gens riches qui peuvent se payer un jet personnel ou un hélicoptère. Tout le monde pourra se rendre à l’anniversaire de son enfant à temps à partir de son lieu de travail à l’autre bout de la ville ou prendre un moyen de transport pratique sur le toit d’un immeuble accessible à tous, contrairement aux aéroports privés. Au Canada, il sera difficile d’attirer suffisamment de passagers pour réduire les coûts, en raison de la taille limitée de sa population et de sa faible densité.

    L’accent est mis sur le transport de marchandises; un grand nombre de discussions portent sur l’utilisation de drones pour la livraison de colis légers. Et davantage d’aéronefs transporteront les marchandises lourdes. Le Canada offre un avantage concurrentiel aux FEO qui souhaitent y établir leurs activités de fabrication et d’essai en raison de son vaste territoire, de ses régions éloignées et de ses importantes variations météorologiques entre l’été et l’hiver. Notre environnement est idéal pour tester des applications renforcées conçues pour transporter des marchandises lourdes dans des milieux hostiles.

  5. 3.  La transformation structurelle du marché de l’emploi
  6. L’affectation des ressources humaines devra s’adapter aux nouvelles technologies aérospatiales et à l’écosystème qui s’y rattache. Plus de gens qualifiés seront nécessaires pour répondre à la demande; le secteur, l’État et les établissements d’enseignement du Canada devront collaborer à cette adaptation.

    Au moins un domaine au Canada est déjà touché par une grave pénurie de main-d’œuvre : celui des contrôleurs aériens. À certaines périodes, il faut déjà limiter le nombre d’arrivées aux grands aéroports en raison d’une pénurie de main-d’œuvre3 en aéronautique. Que se passera-t-il quand des milliers voire des dizaines de milliers d’aéronefs de plus s’envoleront?

    Par ailleurs, la diversité et l’inclusivité du secteur risquent de se compliquer. Nous entendons de plus en plus souvent dire que le manque de main-d’œuvre sera tellement important qu’il faudra commencer à inciter les élèves de l’école primaire, en particulier les filles et les représentants de minorités visibles, à choisir une carrière interdisciplinaire, théorique ou appliquée en sciences, en technologies, en ingénierie et en mathématiques (STIM).

    Mais encourager les jeunes à poursuivre de telles études ne suffira pas à maintenir le leadership du Canada dans le secteur de l’aérospatiale ni dans le domaine émergent de la mobilité aérienne. Il faudra nous concentrer davantage sur l’inversion de l’exode des cerveaux pour conserver les jeunes talents qui assureront la croissance du secteur. À l’heure actuelle, nous estimons que le quart des diplômés en STIM décident de quitter le Canada après leurs études, et ce nombre atteint environ les deux tiers des diplômés dans le domaine du génie logiciel4.

  7. 4.  L’espace n’est pas l’ultime frontière, mais la prochaine
  8. Beaucoup de gens imaginent les voitures volantes ou les aéronefs personnels comme des appareils atterrissant et décollant à la verticale dans un milieu urbain. Toutefois, bien peu s’imaginent des personnes et des marchandises transportées dans un avion balistique projeté vers la haute atmosphère, puis pivotant pour revenir vers la Terre après avoir parcouru de longues distances. L’industrie est pourtant déterminée à mettre ces types de solutions sur le marché.

    Qui plus est, des représentants des secteurs public et privé présents au Salon international de l’Aéronautique et de l’Espace de Paris ont dit qu’ils imaginaient des personnes voyageant, vivant et travaillant dans l’espace. Le degré d’enthousiasme au Salon était donc comparable à celui suscité par la course à la conquête de l’espace des années 50 et 60. On estime même que l’économie spatiale, quand elle s’installera, triplera sa taille au cours des 20 années suivantes. Le Canada est bien placé pour profiter de la croissance dans ce secteur, car le gouvernement fédéral a investi 2,16 milliards de dollars dans une stratégie spatiale axée sur l’innovation scientifique et technologique et le maintien de sa participation au programme de la Station spatiale internationale5.

  9. 5.  L’accueil de nouveaux acteurs et collaborateurs
  10. Pour concrétiser la vision de l’économie de la mobilité aérienne, un plus grand nombre d’entreprises appartenant traditionnellement à d’autres domaines que l’aérospatiale devront accéder au secteur. Par exemple, des entreprises de services publics seront mises à contribution pour répondre aux besoins croissants en électricité du secteur. Ces entreprises autres que de l’aérospatiale pourraient aborder ce nouveau secteur en croissance en concluant des partenariats ou des coentreprises avec des exploitants de services de mobilité aérienne, plutôt que de faire leurs propres investissements dans de nouveaux projets ou bien en réalisant des fusions et une expansion de leurs activités.

    Les perturbations que ces technologies causeront aux moyens de transport traditionnels favoriseront l’expansion du bassin d’acheteurs ciblant les sociétés de mobilité aérienne. Nous observerons une augmentation des multiples d’acquisition à mesure que les acquéreurs des industries connexes chercheront à pénétrer le secteur. Quel que soit le modèle de regroupement retenu – alliance, partenariat, coentreprise, fusion ou acquisition – nous nous attendons à ce que les besoins du nouvel écosystème s’accroissent et favorisent un niveau plus élevé de collaboration.

Il est extrêmement captivant d’envisager l’avenir avec des véhicules autonomes à atterrissage et décollage verticaux pouvant nous transporter rapidement vers des destinations rapprochées (pour le moment)! Nous en profiterons tous, de diverses manières encore insoupçonnées. Ces nouveautés technologiques apporteront aussi leur lot de défis et d’occasions au Canada. Êtes vous prêt?

1https://www.ic.gc.ca/eic/site/ad-ad.nsf/eng/h_ad03964.html#p3
2https://phys.org/news/2019-06-safety-pollution-agenda-paris-air.html
3https://www.skiesmag.com/news/nav-canada-feeling-effects-of-labour-shortage/
4https://www.theglobeandmail.com/business/technology/article-canada-facing-brain-drain-as-young-tech-talent-leaves-for-silicon/
5http://www.asc-csa.gc.ca/eng/publications/space-strategy-for-canada/02-message-from-the-minister.asp

L’avenir de la mobilité aérienne

Les principaux constructeurs d’aéronefs, entreprises de technologie en démarrage et exploitants de réseaux prennent le transport aérien urbain au sérieux, et les investisseurs ont déjà consacré des centaines de millions de dollars à la recherche et au développement. Malgré les progrès réalisés, diverses difficultés doivent être prises en compte en ce qui concerne l’acceptation des consommateurs, la sécurité, la réglementation, l’infrastructure et la gestion du trafic aérien.

Des discussions importantes et stimulantes sont en cours entre les acteurs de l’industrie, les leaders et les investisseurs au sujet de l’avenir des transports. Les technologies innovatrices et les tendances de consommation sont en train de modifier le rythme du développement. Avant longtemps, il y aura des systèmes personnalisés et entièrement autonomes pour assurer le transport de passagers par voie terrestre ou aérienne. La série d’articles montre à quoi ressemblera cet avenir transformateur et indique dans combien de temps il deviendra une réalité.


Obstacles infrastructurels à l’avenir de la mobilité aérienne

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Obstacles technologiques à l’avenir de la mobilité aérienne

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Obstacles psychologiques à l’avenir de la mobilité aérienne

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Gérer le ciel en pleine évolution

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Assurer l’avenir de la mobilité par la voie des airs

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