Posted: 23 Jun. 2020 5 Temps de lecture

Les risques sanitaires augmentent et la Banque du Canada utilisera le cadre pour la cible de maîtrise de l’inflation afin de favoriser la reprise

Les risques sanitaires augmentent à l’échelle mondiale. Du début du mois d’avril à la fin du mois de mai, le nombre net de nouveaux cas dans le monde a atteint un plateau pour se situer à environ 120 000 cas par jour, mais au cours du mois de juin, la moyenne mobile sur dix jours de nouveaux cas a grimpé à 180 000 cas par jour. Les taux d’infection dans certaines grandes économies émergentes sont inquiétants, tout comme l’augmentation du nombre de cas aux États-Unis, où l’on observe une accélération du nombre de cas dans 23 États sur 50. En raison de la forte intégration économique du Canada sur l’axe nord-sud et de son économie axée sur le commerce, l’augmentation du nombre de cas à l’étranger que nous observons menace manifestement la reprise au pays.

Le gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem, a prononcé devant les Canadian Clubs et Cercles Canadiens un discours intitulé La politique monétaire au temps de la COVID-19. Le gouverneur a souligné que la Banque a pour mandat de maintenir l’inflation à un niveau bas, stable et prévisible et a fait valoir que cette approche demeure appropriée dans le contexte actuel. Il a précisé la manière dont la pandémie a perturbé l’offre et la demande, y compris ses importantes répercussions sur les conditions de travail, ce qui a justifié le déploiement de mesures politiques draconiennes par la banque centrale, dont l’abaissement des taux d’intérêt à leur niveau le plus bas et les achats d’actifs. Toutefois, le gouverneur a insisté sur le degré élevé d’incertitude quant aux perspectives. Même si l’économie renoue avec la croissance après le confinement, le gouverneur Macklem a fait savoir « qu’il sera important de ne pas supposer que ces taux de croissance se maintiendront au-delà de la phase de réouverture. La pandémie pourrait nuire de façon durable à l’offre et à la demande. La reprise sera probablement prolongée et irrégulière, et possiblement ponctuée de reculs ». Les chocs économiques de ces derniers mois ont fait reculer le taux d’inflation et la Banque a pris des mesures pour éviter la déflation et ramener l’inflation vers l’objectif de 2 %. À cet égard, le gouverneur a déclaré que « notre principale préoccupation est d’éviter une baisse persistante de l’inflation en aidant les Canadiens à revenir au travail ». Je retiens surtout que la Banque a déployé des mesures de relance massives, qu’elle évalue actuellement la voie de la reprise et qu’elle est prête à faire davantage, si nécessaire. L’engagement à contrôler l’inflation et le taux d’inflation cible restent inchangés. 

Les ventes de logements existants aux États-Unis ont chuté de 9,7 % d’un mois à l’autre pour s’établir à 3,91 millions d’unités sur une base annualisée en mai, soit en deçà des attentes des marchés financiers, qui prévoyaient une baisse à 4,12 millions.  

Perspectives économiques

Un aperçu régulièrement mis à jour par les Services économiques de Deloitte qui fournit des commentaires de l’économiste en chef Craig Alexander sur les derniers événements qui façonnent les économies canadienne et mondiale, incluant la croissance économique, les investissements d’entreprises, le commerce et l’activité sur les marchés. Notre analyse vous donne les connaissances nécessaires pour régler les problèmes d’affaires actuels les plus difficiles.

Personne-ressource

Craig Alexander

Craig Alexander

Associé et économiste en chef

Craig Alexander est le premier économiste en chef de Deloitte Canada, et il possède plus de vingt ans d’expérience dans le secteur privé à titre de cadre supérieur et d’économiste en chef dans les domaines de l’économie appliquée et des prévisions économiques. M. Alexander a effectué des recherches macroéconomiques et des analyses régionales et sectorielles, ainsi que des prévisions et de la modélisation relatives aux marchés fiscaux. Il est également un conférencier passionné, et il est titulaire d’un diplôme d’études supérieures en économie de l’Université de Toronto.