Posted: 01 Jun. 2020

Une conjoncture qui se dessine à grands coups d’indices des directeurs d’achats, un aperçu des décisions de la Banque du Canada ainsi que des statistiques d’emploi pour la semaine

Nous avons reçu ce matin une série d’indices des directeurs d’achats du secteur manufacturier pour le mois de mai. Soulignons qu’un chiffre supérieur à 50 indique une croissance.

L’indice manufacturier de la RBC pour le Canada a augmenté à 40,6 en mai, contre 33,0 le mois précédent, ce qui suggère que ce secteur a continué de se contracter le mois dernier, bien qu’à un rythme plus lent qu’en avril.

Dans la zone euro, l’indice manufacturier a augmenté de six points le mois dernier pour s’établir à 39,4, grâce à de fortes améliorations en Italie (45,4) et en France (40,6). Le secteur s’est un peu moins bien comporté en Allemagne (36,6), laquelle est généralement considérée comme le moteur de la croissance de la zone monétaire commune.

Aux États-Unis, l’indice manufacturier de l’Institute of Supply Management (ISM), considéré comme l’un des meilleurs indicateurs de l’activité économique, a augmenté de 1,6 point pour atteindre 43,1 en mai. Ce résultat est largement conforme aux attentes (43,0), ce qui indique que l’activité dans ce secteur a continué à baisser le mois dernier, bien qu’à un rythme moindre.

La plupart des sous-composantes clés de l’ISM se sont améliorées, les nouvelles commandes, la production, l’emploi et les commandes à l’exportation affichant tous de fortes hausses entre 4 et 6 points de pourcentage. Les prix ont continué à baisser, mais la baisse a été moins prononcée qu’au mois précédent, ce qui a rassuré les responsables politiques de la Réserve fédérale, dont beaucoup sont préoccupés par la déflation. Une seule sous-composante s’est détériorée, les importations ayant reculé de 1,4 point à 41,3 – ce qui indique une contraction continue des volumes d’importation.

Un tiers des industries manufacturières américaines a connu une croissance, à contre-courant de la tendance du secteur et de l’économie en général. Les six industries manufacturières sont les suivantes :

  1. Produits minéraux non métalliques;
  2. Meubles et produits connexes;
  3. Vêtements, cuir et produits connexes;
  4. Aliments, boissons et tabac;
  5. Produits de papier;
  6. Produits forestiers.

Les commentaires des chefs d’entreprise suggèrent que le mois de mai pourrait avoir été un tournant pour l’économie. Mais l’incertitude persiste et il est peu probable qu’elle se dissipe de sitôt.

Les résultats de l’enquête de l’ISM sur les secteurs autres que le secteur manufacturier pour le mois de mai seront publiés mercredi, et les économistes s’attendent à une amélioration d’environ 2 points pour un indice de 44, ce qui indiquerait un ralentissement de la contraction.

En outre, le Bureau of Labor Statistics des États-Unis publiera vendredi son rapport sur l’emploi en mai. Le consensus s’établit sur une perte de huit millions d’emplois et une hausse du taux de chômage pour atteindre 19,6 %. Je suis d’avis que les pertes d’emploi s’élèveront plutôt à environ trois millions et que le taux de chômage s’établira à 17,5 %.

Les données sur l’emploi au Canada tirées de l’enquête sur la population active seront également publiées vendredi. Les marchés des capitaux prévoient une perte de 500 000 emplois, mais je m’attends plutôt à la moitié de ce nombre. À mon avis, les mesures politiques et budgétaires devraient avoir modéré le nombre de personnes se retrouvant au chômage. Je tiens à dire que Statistique Canada fournit d’excellentes précisions dans ses publications. Pour mesurer l’ampleur des perturbations sur le marché du travail, il faudra ajouter à l’estimation du nombre de travailleurs au chômage le nombre de personnes qui travaillent, mais selon un horaire réduit, et les gens qui ne travaillent pas et qui ne recherchent pas d’emploi (parce qu’ils prévoient retourner au travail une fois le confinement levé). Ces données groupées sont nettement plus importantes que le nombre habituellement présenté.

Par ailleurs, la Banque du Canada fera une annonce concernant les taux ce mercredi. Aucun changement aux politiques n’est prévu, mais la conférence de presse est très attendue, puisqu’il s’agira de la première décision du gouverneur Tiff Macklem à la barre (il était auparavant gouverneur adjoint avant de quitter la Banque pour se joindre au secteur privé). Au début du mandat du gouverneur Poloz, celui-ci a adopté une politique selon laquelle le communiqué était entièrement réécrit chaque fois. Les marchés ne pouvaient donc pas simplement se concentrer sur les légères modifications à la formulation du contenu pour obtenir de nouvelles perspectives. On attend impatiemment de voir si le gouverneur Macklem maintiendra ou non cette pratique. De plus, la conférence de presse de mercredi sera la première occasion d’évaluer comment le gouverneur Macklem voit le contexte actuel et quel est son point de vue sur la position actuelle des politiques monétaires. Je ne m’attends pas à des changements importants. D’autres renseignements sur ce sujet seront présentés dans le point de vue économique de mercredi.

Perspectives économiques

Un aperçu régulièrement mis à jour par les Services économiques de Deloitte qui fournit des commentaires de l’économiste en chef Craig Alexander sur les derniers événements qui façonnent les économies canadienne et mondiale, incluant la croissance économique, les investissements d’entreprises, le commerce et l’activité sur les marchés. Notre analyse vous donne les connaissances nécessaires pour régler les problèmes d’affaires actuels les plus difficiles.

À propos de l’auteur

Craig Alexander

Craig Alexander

Économiste en chef et Conseiller de direction

Craig Alexander est le premier économiste en chef de Deloitte Canada, et il possède plus de vingt ans d’expérience dans le secteur privé à titre de cadre supérieur et d’économiste en chef dans les domaines de l’économie appliquée et des prévisions économiques. M. Alexander a effectué des recherches macroéconomiques et des analyses régionales et sectorielles, ainsi que des prévisions et de la modélisation relatives aux marchés fiscaux. Il est également un conférencier passionné, et il est titulaire d’un diplôme d’études supérieures en économie de l’Université de Toronto.