Posted: 30 Jun. 2020 5 Temps de lecture

Le spectre du protectionnisme américain plane, le revenu des particuliers diminue mais les dépenses augmentent aux États-Unis, Fitch abaisse la cote du Canada

L’administration Trump songe de nouveau à imposer des tarifs sur les importations d’aluminium canadien si le gouvernement du Canada ne fixe pas de limites aux exportations. Le risque de protectionnisme accru est décourageant lorsqu’on sait que l’accord de libre-échange révisé (ACEUM) doit entrer en vigueur le 1er juillet. Toute restriction commerciale entraînera des coûts économiques supplémentaires pour deux économies déjà considérablement affaiblies. Puisque les deux nations subiraient des conséquences négatives, cela met en évidence la présence de risques politiques importants durant la reprise, un phénomène que nous signalons depuis un certain temps. 

Aux États-Unis, le revenu des particuliers a diminué de 4,2 % en mai. En avril, les sommes accordées par le CARES Act ont fait bondir les revenus; un recul était donc à prévoir en mai. D’autres mesures gouvernementales de soutien du revenu demeurent en place, comme les 980 milliards de dollars en prestations d’assurance-emploi. Les dépenses ont augmenté de 8,2 % en mai, un taux inférieur au gain de 9,0 % auquel s’attendait le marché. L’épargne personnelle demeure élevée, mais le taux d’épargne a fléchi le mois dernier. Les prix à la consommation étaient en hausse de 0,1 % le mois dernier, ou de 0,5 % sur 12 mois. Avec la progression des taux d’infection et le début du retrait des programmes gouvernementaux de soutien du revenu, on prévoit une lente reprise de la consommation personnelle, ce qui limitera la croissance économique et la flambée des prix. 

Hier, Fitch a abaissé la cote de crédit du gouvernement du Canada d’AAA à AA+, mais le marché ne s’en est pas formalisé. Il reste à voir si S&P et Moody’s emboîteront le pas à Fitch. Nous attendons avec impatience le portrait des finances publiques du 8 juillet pour obtenir les données officielles sur l’ampleur estimative du déficit de cette année. Je soupçonne que la crise actuelle léguera un large éventail de réductions de notations de crédit aux gouvernements du monde, de sorte que la référence de la dette souveraine internationale est susceptible d’être abaissée. De façon générale, la situation financière du Canada devrait continuer à se comparer avantageusement à celle des autres économies avancées.

Les titres nord-américains ont reculé vendredi face à la hausse record du nombre de cas de COVID-19 enregistrés en une journée aux États-Unis, à la décision de plusieurs États de revenir en arrière ou de mettre le déconfinement en pause et aux inquiétudes croissantes à l’égard d’une deuxième vague pouvant entraîner un nouvel arrêt de l’activité. Les actions bancaires américaines ont d’abord augmenté en raison de l’assouplissement de certains aspects de la règle Volcker, pour ensuite chuter pendant la journée, alors que la Réserve fédérale annonçait l’imposition de limites sur les paiements de dividendes et l’interdiction du rachat d’actions au moins jusqu’au quatrième trimestre de cette année.

Perspectives économiques

Un aperçu régulièrement mis à jour par les Services économiques de Deloitte qui fournit des commentaires de l’économiste en chef Craig Alexander sur les derniers événements qui façonnent les économies canadienne et mondiale, incluant la croissance économique, les investissements d’entreprises, le commerce et l’activité sur les marchés. Notre analyse vous donne les connaissances nécessaires pour régler les problèmes d’affaires actuels les plus difficiles.

Personne-ressource

Craig Alexander

Craig Alexander

Associé et économiste en chef

Craig Alexander est le premier économiste en chef de Deloitte Canada, et il possède plus de vingt ans d’expérience dans le secteur privé à titre de cadre supérieur et d’économiste en chef dans les domaines de l’économie appliquée et des prévisions économiques. M. Alexander a effectué des recherches macroéconomiques et des analyses régionales et sectorielles, ainsi que des prévisions et de la modélisation relatives aux marchés fiscaux. Il est également un conférencier passionné, et il est titulaire d’un diplôme d’études supérieures en économie de l’Université de Toronto.