Communiqués de presse

Augmentations salariales 2021 : une année marquée par l’effet de la crise COVID 19, avec un ralentissement des augmentations qui se confirme tout en conservant des budgets optimistes

Etude sur les rémunérations 2021 – 10ème édition

Paris La Défense, le 30 août 2021

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Dans son étude annuelle sur les rémunérations, Deloitte apporte un éclairage sur les évolutions salariales en 2021 et sur les prévisions des entreprises pour 2022. Pour cette 10ème édition, le cabinet a analysé plus d’un million de données individuelles issues de plus de 300 entreprises, faisant de cette étude, la plus représentative de France.

L’année 2020 a été marquée par la crise de la covid-19. En 2021, les employeurs ont dû adapter leurs évolutions salariales à une situation exceptionnelle, dans un contexte de ralentissement de l’activité. 

  • Les entreprises ont globalement freiné les augmentations de salaire (45% des titulaires n’en ont pas bénéficié) pour atteindre 0,6% en médiane pour les non-cadres et les cadres.
  • Les entreprises ont récompensé leurs talents pour les retenir en mettant l’accent sur les dispositifs de rémunération variable notamment pour les cadres.
  • Après deux années blanches, l’égalité salariale f/h baisse en 2021 au point de revenir à son niveau proche de 2017 (3,7% et 3,3% respectivement).
  • On constate un léger recul dans les écarts de salaires entre les régions (entre l’Ile-de-France et les autres régions : +5,2% en 2021 par rapport à +6% en 2020).
  • Les prévisions d’augmentation sont plus optimistes avec un budget de 1,8% toutes catégories socio-professionnelles.


Dans la continuité de 2020, le ralentissement des augmentations perdure

Les augmentations salariales avaient déjà ralenti en 2020 (de 0,4 points pour les Ouvriers, Employé, Technicien, Agent de Maîtrise (OETAM) et 0,5 points pour les cadres) et le phénomène se poursuit en 2021. On observe que l’effet de la COVID-19 se fait pleinement ressentir cette année, avec des gels salariaux plus importants qu’en 2020. Ainsi, 45% des sondés n’ont pas connu d’évolution de leur salaire de base en 2021, et près de 30% ont vu leur salaire augmenter de moins de 2%. 

Pour ceux qui en ont bénéficié, les augmentations de salaire de base en 2021 ont été de 0,6% en médiane pour les OETAM et les Cadres, chiffre fortement impacté par le nombre notables d’absence d’augmentation.
Un niveau d’augmentation très proche de celui estimé par Deloitte dans son étude 2020 (+0,7% pour les OETAM et +0,9% pour les Cadres).

Les employeurs ont mis l’accent sur les variables afin de récompenser et retenir leurs talents

Selon les niveaux de responsabilité et les filières de métiers, la part variable représente 1 à 3 mois de salaire de base. Le pay-out (rapport entre le bonus versé et le bonus cible) remonte de 2 points après une baisse en 2020 liée aux 1ers impacts Covid (86% en 2021 versus 84% en 2020).

Concernant les cadres, population la plus impactée sur cet agrégat, nous notons une amélioration par rapport à l’an passé en nombre de bénéficiaires (76% des cadres versus 67% en 2020), avec des montants versés en hausse pour les 1ers niveaux cadres et les cadres supérieurs. 

Les montants médians d’épargne salariale se stabilisent en 2021, dans la continuité des pratiques constatées en 2020. Cependant, le nombre de bénéficiaires baisse (toute CSP confondue), marquant une rupture par rapport aux années précédentes. 

Il est important de noter également que la prime PEPA est reconduite jusqu’à mars 2022 et que dans ce contexte de renouvellemenent tardif, de moins en moins d’entreprises l’ont mise en œuvre à date mais avec des montants versés plus élevés. Ainsi, seulement 18% des entreprises participantes (soit un recul de 5% par rapport à 2020) ont utilisé la prime PEPA, pour seulement 5,2% d’OETAM bénéficiaires et 3,2% % de Cadres. 

Les entreprises semblent donc appliquer une logique de « récompense et rétention » de ses talents, afin de préserver leurs équipes pour la reprise, notamment dans les secteurs de la Data et de la Cybersécurité où un réel manque de main d’œuvre se cristallise.

L’écart salarial f/h reste à surveiller de près, avec un retour proche du  niveau de 2017

L’égalité salariale f/h est en recul. En effet, les écarts salariaux constatés en 2021 (3,7%) redeviennent proches de ceux constatés en 2017 (3,3%) après deux années blanches. 

Par ailleurs, nous constatons que le taux de féminisation se dégrade au fur et à mesure de l’ascension hiérarchique, en passant de 42% de femmes chez les OETAM à 24% chez les Cadres supérieurs. Ce taux de féminisation reste stable par rapport aux années précédentes, ne traduisant pas d’évolution majeure dans la féminisation des niveaux de responsabilité les plus élevés sur le marché général français en 2021.

Les prévisions d’augmentation entre optimiste et prudence

Avec la reprise anticipée de l’infation à un niveau pré pandémie et une reprise économique palpable, bien que hétérogène selon les secteurs d’activité et variables considérant les vagues du virus, les prévisions d’augmentation rebasculent vers des niveaux proches de ceux d’avant la crise avec 1,8% pour les OETAM et 1,8% pour les Cadres. Elles restent tout de même en rupture avec la dynamique d’évolution salariale que nous avons connu avant la pandémie.

Prenant en compte le contexte actuel ainsi que des indicateurs de l’INSEE au niveau du taux de croissance du PIB, du taux d’inflation, du taux de chômage et les projections macroéconomiques réalisées par la Banque de France, nous maintenons nos anticipations de reprise progressive des tendances historiques d’augmentation à compter de 2022-2023.

La forte mobilité induite par la crise réduit les écarts de salaire entre régions

Enfin, les écarts de salaire entre les différentes régions est un indicateur à suivre durant les prochains mois. Entre l’Ile-de-France et les autres régions en France, un léger recul est à souligner (+5,2% en 2021 par rapport à +6% en 2020), qui pourrait se transformer en véritable tendance avec l’émergence du télétravail et des départs de nombreux cadres citadins. 

Par ailleurs, les écarts salariaux entre les différentes régions sur l’ensemble du territoire varient entre -1% et +3,3%.

Comme nous l’avions anticipé l’année passée, les augmentations ressortant de l’exercice touché par la pandémie sont à un niveau très bas avec une forte proportion de gel ou des augmentations relativement faibles..Concernant 2022, les budgets d’augmentation sont plus optimistes marqués aussi par un marché du travail très porteur nécessitant au niveau Ressources Humaines une fidélisation des talents tout en continuant à attirer de nouveaux talents dans un contexte économique de reprise avancé.

Déclare Franck Chéron, Associé Capital Humain Deloitte. 

Méthodologie
L’étude de rémunération 2021 repose sur un panel de 300 entreprises et plus d’un million de données individuelles de rémunération au sein des principaux secteurs d’activité (Distribution, Grande consommation, Banques, Assurances, Industrie de la santé, Industrie de transformation, Energie et Utilities, Télécom et Médias,…).

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