Posted: 03 Jun. 2020

La Banque du Canada indique que le vent a tourné, mais que la reprise économique sera marquée par l’incertitude

À sa première journée dans ses nouvelles fonctions à titre de gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem, tout comme le Conseil de direction, n’a pris personne par surprise. L’organe responsable de la politique monétaire de la banque n’a pas modifié les taux d’intérêt. Le communiqué diffusé se veut optimiste en annonçant que l’impact de la pandémie semble avoir atteint un sommet, mais émet aussi une mise en garde concernant l’énorme incertitude à l’égard du déroulement de la reprise. Le message suggère une approche attentiste et laisse présager que la politique demeurera inchangée lors de la prochaine réunion en juillet.

Le communiqué présente l’actuel taux cible du financement à un jour de 0,25 % comme étant la « valeur plancher ». Bien que cela ait déjà été énoncé par le passé, cette réaffirmation laisse croire que le nouveau gouverneur vise la continuité et ne souhaite pas instaurer des taux d’intérêt négatifs, du moins pour le moment.

En ce qui concerne l’incidence de la pandémie mondiale sur l’économie, la banque estime que « [l’] impact semble avoir atteint un sommet, bien que l’incertitude concernant le déroulement de la reprise reste élevée ». La banque s’attend à une reprise mondiale prolongée et inégale.

On s’attend à une contraction de 10 % à 20 % de l’économie canadienne au deuxième trimestre – l’ampleur de cette fourchette témoignant de l’incertitude actuelle, mais la croissance devrait reprendre au troisième trimestre. Le recul estimé pour le deuxième trimestre est inférieur aux prévisions de 15 % à 30 % présentées par la banque en avril.

Nous partageons l’avis du Conseil de direction en ce qui concerne les perspectives mondiales et intérieures.

Bien que le taux d’inflation soit inférieur au point médian de la fourchette cible, la banque s’attend à ce qu’il remonte à moyen terme grâce aux politiques monétaires et fiscales exceptionnellement souples.

Les interventions de la banque ont soutenu l’amélioration des conditions financières, ce qui a amené le Conseil de direction à réduire la fréquence des opérations de prise en pension à plus d’un jour et des achats des acceptations bancaires pour la ramener toutes les deux semaines plutôt que chaque semaine. Ce communiqué a souligné que les achats à grande échelle de créances fédérales, provinciales et d’entreprise se poursuivront à leur fréquence et leur ampleur actuelles jusqu’à ce que la reprise soit bien entamée.

Dans mes messages précédents, j’ai soutenu qu’il était peu probable que le nouveau gouverneur modifie de manière importante la politique monétaire. Il semble que ce soit effectivement le cas. Le gouverneur Macklem assurera avec fermeté la continuité de la gestion de la politique monétaire.

Depuis l’adoption d’un régime de ciblage de l’inflation il y a près de 30 ans, la Banque du Canada a particulièrement bien réussi à remplir son mandat principal qui est de maintenir l’inflation dans une fourchette de 1 % à 3 % en ciblant un point médian de 2 %. En effet, l’inflation se situe en moyenne à 1,9 % depuis 1991. Dans ce contexte, nous estimons qu’il y a peu de chances que le gouverneur Macklem modifie de manière fondamentale la politique monétaire de la banque. En d’autres termes : « pas besoin de réparer ce qui n’est pas cassé ».

Perspectives économiques

Un aperçu régulièrement mis à jour par les Services économiques de Deloitte qui fournit des commentaires de l’économiste en chef Craig Alexander sur les derniers événements qui façonnent les économies canadienne et mondiale, incluant la croissance économique, les investissements d’entreprises, le commerce et l’activité sur les marchés. Notre analyse vous donne les connaissances nécessaires pour régler les problèmes d’affaires actuels les plus difficiles.

À propos de l’auteur

Craig Alexander

Craig Alexander

Économiste en chef et Conseiller de direction

Craig Alexander est le premier économiste en chef de Deloitte Canada, et il possède plus de vingt ans d’expérience dans le secteur privé à titre de cadre supérieur et d’économiste en chef dans les domaines de l’économie appliquée et des prévisions économiques. M. Alexander a effectué des recherches macroéconomiques et des analyses régionales et sectorielles, ainsi que des prévisions et de la modélisation relatives aux marchés fiscaux. Il est également un conférencier passionné, et il est titulaire d’un diplôme d’études supérieures en économie de l’Université de Toronto.