Posted: 10 Jun. 2020 5 Temps de lecture

Chute de l’inflation aux États-Unis et maintien par la Réserve fédérale des taux et des politiques de relance

L’indice des prix à la consommation des États-Unis a diminué de 0,1 % en mai par rapport au mois précédent, entraînant ainsi un ralentissement de l’inflation pour n’atteindre que 0,1 %. Ce ralentissement est principalement attribuable à la baisse de 1,8 % des prix de l’énergie au cours du mois, ce qui représente une diminution de près de 19 % par rapport à l’année précédente. De plus, les prix pour l’assurance automobile, les vêtements et le transport aérien ont tous connu une diminution importante. À l’inverse, les prix de la nourriture ont augmenté de 0,7 % en mai. Je vois ici une tendance très claire. Les prix pour les biens essentiels ou ceux qui sont consommés ou utilisés à la maison sont en hausse, ce qui donne du pouvoir en matière de tarification aux fournisseurs. Cependant, les prix pour les biens non essentiels ou ceux qui nécessitent des contacts individuels sont en baisse. Une possible déflation en raison de la faible inflation enregistrée en inquiétera plusieurs, mais je ne pense pas que ce sera le cas. La réouverture de l’économie donnera lieu à une croissance économique plus importante, ce qui atténuera par la même occasion les risques de déflation. Cela étant dit, la stagnation économique marquée devrait mettre l’inflation en veilleuse. 

Compte tenu du contexte de faible inflation et des perspectives annonçant une faible reprise, il n’est pas étonnant que le FOMC, l’organisme responsable d’établir les politiques au sein de la Réserve fédérale américaine, ait décidé aujourd’hui de ne pas modifier les taux d’intérêt. La Réserve fédérale s’est également engagée à adapter son programme d’achat d’obligations au rythme actuel au cours des prochains mois pour soutenir le flux du crédit accordé aux ménages et aux entreprises.

La Réserve fédérale américaine prévoit une contraction économique de 6,5 % en 2020 et une reprise de 5 % en 2021. Ces projections sont présentées pour le quatrième trimestre d’un exercice à l’autre, il ne s’agit pas des moyennes annuelles souvent citées. Cela suggère qu’un retour de l’activité économique au niveau d’avant la COVID-19 pourrait avoir lieu en 2022. La projection de la Réserve fédérale a été abaissée à 0,8 % en 2020, mais les autorités monétaires prévoient une accélération de l’inflation à 1,6 % en 2022.  

Le FOMC s’attend à garder les taux aux niveaux actuels pour plus de deux ans. Seulement deux de ses membres ont prédit des taux plus élevés pour les fonds fédéraux d’ici la fin de 2022. 

L’OCDE a aussi publié un aperçu mondial révisé, qui a reçu une attention considérable étant donné le choix qu’elle a fait de présenter deux prévisions distinctes, prétextant leur égale probabilité. S’il n’y a pas de deuxième vague d’infection, l’économie mondiale devrait afficher un repli de 6 % cette année, mais une croissance subséquente de 5,2 % en 2021. S’il y a une deuxième vague d’infection, l’OCDE prévoit un déclin de 7,5 % en 2020 et une reprise mitigée de 2,8 % en 2021. Nous pourrions nous obstiner longtemps quant à la probabilité d’une deuxième vague, mais l’approche de l’OCDE vient renforcer notre point de vue selon lequel les entreprises et les gouvernements doivent réfléchir aux divers scénarios possibles.

Perspectives économiques

Un aperçu régulièrement mis à jour par les Services économiques de Deloitte qui fournit des commentaires de l’économiste en chef Craig Alexander sur les derniers événements qui façonnent les économies canadienne et mondiale, incluant la croissance économique, les investissements d’entreprises, le commerce et l’activité sur les marchés. Notre analyse vous donne les connaissances nécessaires pour régler les problèmes d’affaires actuels les plus difficiles.

À propos de l’auteur

Craig Alexander

Craig Alexander

Économiste en chef et Conseiller de direction

Craig Alexander est le premier économiste en chef de Deloitte Canada, et il possède plus de vingt ans d’expérience dans le secteur privé à titre de cadre supérieur et d’économiste en chef dans les domaines de l’économie appliquée et des prévisions économiques. M. Alexander a effectué des recherches macroéconomiques et des analyses régionales et sectorielles, ainsi que des prévisions et de la modélisation relatives aux marchés fiscaux. Il est également un conférencier passionné, et il est titulaire d’un diplôme d’études supérieures en économie de l’Université de Toronto.