Posted: 22 Jul. 2020 5 Temps de lecture

L’inflation a bondi au Canada, les ventes de maisons existantes grimpent aux États-Unis, et les risques géopolitiques augmentent à mesure que les tensions s’accentuent entre les États-Unis et la Chine

L’inflation canadienne, telle qu’elle est mesurée par la variation sur 12 mois de l’indice des prix à la consommation, a bondi avec une valeur 0,7 % en juin, alors que la valeur précédente était de 0,4 % en mai. Cette hausse s’explique en grande partie par une remontée des prix des produits qui avaient précédemment été tirés vers le bas en raison de la pandémie, entre autres les prix de l’essence et des vêtements. Les coûts des aliments et du logement continuent de contribuer de manière importante à l’inflation, avec des prix en hausse de 2,7 % et de 1,7 % respectivement, par rapport aux niveaux de l’an dernier. Excluant les aliments et l’énergie, l’inflation s’est élevée à 1,0 % par rapport à la valeur de 0,8 % affichée au mois précédent. Les trois mesures de l’inflation de base privilégiées par la Banque du Canada s’établissent entre 1,5 et 1,8 %.

Le message principal est le suivant : l’inflation avait été freinée par la chute de la demande découlant de la pandémie et du ralentissement économique; toutefois, avec la réouverture de l’économie et la reprise de la croissance, les prix de certains biens et services ont commencé à remonter. Le rythme de l’inflation est légèrement sous la cible médiane de 2 % de la Banque du Canada, à l’intérieur de la fourchette cible de 1 à 3 %. 

Le fait que le Canada ait réussi à éviter les principaux facteurs de désinflation et de déflation témoigne de l’envergure de la politique monétaire et financière déployée par le pays face à la crise. Nous prévoyons que les pressions liées aux prix demeureront limitées à court terme, reflétant les capacités excédentaires de l’économie aux premières étapes de la reprise. Bien que les récentes données économiques aient été positives, nous prévoyons tout de même que la reprise sera lente; en effet, la Banque du Canada maintiendra le taux du financement à un jour à la limite inférieure actuelle de 0,25 % jusqu’à la fin de 2022. 

Le taux de croissance des ventes de maisons existantes aux États-Unis a grimpé de 21 % en juin, mais il se situe en deçà du résultat d’il y a douze mois de 11%. Les ventes de maisons familiales et de maisons en rangée ont grandement augmenté. Le nombre de maisons en vente a diminué de 18 % sur une période de douze mois; cette diminution de l’offre explique donc l’augmentation de 3,5 % des prix des maisons par rapport à l’année dernière. 

Je sais que je me répète à chaque annonce sur les États-Unis, cependant je dois mentionner que la reprise des activités en mai et en juin a été très solide, mais que l’augmentation des risques sanitaires pourrait nuire à la reprise aux États-Unis. Par exemple, la ville de Los Angeles a indiqué qu’elle pourrait devoir effectuer un deuxième confinement. Si la relance de l’économie aux États-Unis est reportée ou si de nombreux confinements ont lieu au pays, la reprise sera en péril. L’économie du Canada est étroitement liée au cycle d’affaires des États-Unis, alors tout ralentissement au sud de la frontière touchera également le Canada en raison des liens commerciaux qui unissent les deux pays. 

Les États-Unis ont ordonné à la Chine de fermer son consulat à Houston, au Texas, afin de protéger ses propriétés intellectuelles. Il est fort probable que la Chine usera de représailles. Nous avons mis l’accent sur le fait que les relations politiques entre l’Occident et la Chine allaient probablement se détériorer, plus particulièrement entre les États-Unis et la Chine. L’accord commercial conclu en décembre était une trêve. La guerre froide technologique se poursuit et les risques de protectionnisme augmentent. Par conséquent, bien que la crise sanitaire fasse les manchettes, les risques politiques pesant sur les perspectives économiques demeurent élevés. 

Perspectives économiques

Un aperçu régulièrement mis à jour par les Services économiques de Deloitte qui fournit des commentaires de l’économiste en chef Craig Alexander sur les derniers événements qui façonnent les économies canadienne et mondiale, incluant la croissance économique, les investissements d’entreprises, le commerce et l’activité sur les marchés. Notre analyse vous donne les connaissances nécessaires pour régler les problèmes d’affaires actuels les plus difficiles.

À propos de l’auteur

Craig Alexander

Craig Alexander

Associé et économiste en chef

Craig Alexander est le premier économiste en chef de Deloitte Canada, et il possède plus de vingt ans d’expérience dans le secteur privé à titre de cadre supérieur et d’économiste en chef dans les domaines de l’économie appliquée et des prévisions économiques. M. Alexander a effectué des recherches macroéconomiques et des analyses régionales et sectorielles, ainsi que des prévisions et de la modélisation relatives aux marchés fiscaux. Il est également un conférencier passionné, et il est titulaire d’un diplôme d’études supérieures en économie de l’Université de Toronto.