Perspectives

Financement

Les sociétés privées ont tiré parti d’un contexte financier intéressant depuis de nombreuses années grâce à de faibles taux d’intérêt, à des bilans améliorés par l’augmentation de la valeur des biens mis en garantie et à la croissance des flux de trésorerie.

Cependant, le marché d’aujourd’hui est plus incertain en raison de la faiblesse du marché des produits de base, de l’instabilité mondiale et des répercussions de l’élection fédérale américaine. . Les entreprises prudentes tenteront de prolonger les échéances des emprunts, d’augmenter la marge de manœuvre de leurs clauses restrictives, de fixer leurs taux d’intérêt, de se prémunir contre les risques liés aux taux de change, de diversifier leurs sources de financement et, de façon générale, de prendre moins de risques à l’égard de leurs emprunts.

Enjeux

Les prix du pétrole oscillant autour de 40 $ à 50 $ le baril et les produits de base miniers (autres que l’or) se situant dans un creux historique, les banques doivent composer avec un accroissement des provisions pour pertes, en plus d’enregistrer des pertes dans leurs portefeuilles. Cela aura une incidence sur leur capacité de prêter de l’argent dans l’ensemble des secteurs et des provinces.

Au même moment, l’interconnexion au sein de l’économie mondiale signifie que les entreprises canadiennes ne sont pas à l’abri de l’incertitude, peu importe où elle règne. Le Brexit, l’État islamique, les faiblesses économiques dans des pays comme la Chine, le Brésil et l’Inde, et les problèmes politiques dans plusieurs autres pays peuvent avoir une incidence sur l’accès au crédit dans notre propre pays.

Le marché d’aujourd’hui est plus incertain en raison de la faiblesse du marché des produits de base, de l’instabilité mondiale et des répercussions de la récente élection fédérale américaine.

De même, les résultats de l’élection chez nos voisins du Sud et ses répercussions sur l’économie des États-Unis sont l’une des plus grandes préoccupations des sièges sociaux canadiens. Au Canada, l’emprunt est fortement lié aux événements qui se produisent aux États-Unis, surtout parce que la plupart des banques canadiennes exercent des activités de prêt dans ce pays. Tout fléchissement des activités de prêt aux États-Unis s’accompagnera d’un ralentissement chez nous. Par ailleurs, étant axée sur les exportations, l’économie canadienne en ressentirait rapidement les effets, car nous dépendons en grande partie des échanges commerciaux avec d’autres pays. Seulement avec les États-Unis, les échanges de biens et services s’élèvent à environ 1,8 milliard de dollars par jour.

Enfin, le marché des titres de créance à rendement élevé aux États-Unis est à son plus faible depuis des années, se caractérisant par des sorties de capitaux et un risque accru de défaillances de crédit. Au cours de 2016, le volume des titres d’emprunt à rendement élevé atteignait 228,7 milliards de dollars, toujours en baisse de 13 % par rapport à 2015, année au cours de laquelle il s’élevait à 261,7 milliards de dollars. Ce marché public, qui a également beaucoup ralenti au Canada, est considéré comme un baromètre des conditions générales du marché et est souvent un signe avant-coureur de la situation des marchés de la dette privée et, par conséquent, de la capacité d’emprunt des entreprises.

Occasions

Heureusement, l’économie canadienne continue de profiter d’un effort concerté des pays développés à maintenir les taux d’intérêt à des niveaux peu élevés. Par exemple, le taux de base s’établit à 0,5 % au Royaume-Uni, aux États-Unis et au Canada, et à 0,0 % en Allemagne. Pour les entreprises à la recherche de capitaux, ces taux sont plus favorables que jamais; en effet, les entreprises peuvent emprunter à la moitié des taux qui étaient en vigueur il y a seulement quelques années.

Parallèlement, le marché de la dette privée ne cesse d’augmenter. Alors que 65 % du financement des acquisitions par emprunt provenait autrefois des banques, ce chiffre se situe maintenant à près de 25 %. Des sources privées telles que les obligations structurées adossées à des prêts, les fonds de couverture et les fonds d’investissement privés ont comblé cet écart, ce qui n’est pas négligeable pour un marché qui n’existait même pas il y a 15 ans. Cela se traduit par un montant important de nouveaux capitaux au sein du marché, auxquels les entreprises canadiennes peuvent avoir accès principalement auprès de fournisseurs américains.

Ce qui préoccupe le plus à propos de cette forme relativement nouvelle de capitaux, c’est qu’elle est beaucoup moins fondée sur les relations que ce à quoi les entreprises canadiennes ont été habituées avec les cinq banques de l’annexe. Et qui sait comment réagiraient ces prêteurs advenant un ralentissement.

Les entreprises canadiennes profitent également de la solidité du marché américain et de la croissance de l’économie, ce qui signifie que les banques d’ici sont toujours disposées à prêter de l’argent.

Entre-temps, la valeur de l’immobilier commercial augmente, peut-être un peu trop rapidement au goût du gouvernement. Certains analystes considèrent que l’immobilier est surévalué de 20 % à 40 %. Même si ces valeurs gonflées ont été utiles pour les entreprises qui souhaitent emprunter, ces valeurs pourraient chuter rapidement, tout comme la base d’emprunt sous-jacente, ce qui pourrait être problématique pour de nombreuses entreprises.

Questions à poser 

  • Pouvez-vous prolonger l’échéance de vos facilités de crédit? 
  • Pouvez-vous fixer les taux de
    vos emprunts? 
  • Pouvez-vous vous prémunir contre les risques liés aux taux de change? 
  • Pouvez-vous équilibrer vos actifs du fonds de roulement auprès de banques et vos actifs à plus long terme auprès de prêteurs à terme? 
  • Êtes-vous prêt à envisager d’ajouter un autre prêteur à votre portefeuille de prêts?

Auteur

Robert Olsen
Partner and National leader
Corporate finance
robolsen@deloitte.ca

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