Perspectives

Discipline liée aux F&A

Le marché des F&A est demeuré actif en 2015. L’année a été propice à la conclusion d’ententes, grâce aux faibles taux d’intérêt, aux créances abordables et à l’abondance de liquidités figurant au bilan des entreprises. En fait, 2,150 transactions liées aux sociétés privées ont été conclues d’un bout à l’autre de l’Amérique du Nord, dont la valeur totale s'élevait à 442 milliards de dollars US. Les secteurs de l’immobilier et des technologies ont été les plus actifs, représentant 32 % de l’ensemble des transactions.

Les F&A sont demeurées au cœur des stratégies des acheteurs aussi bien que des vendeurs d’entreprise. Pour les acheteurs, les faibles taux de croissance économique au Canada ont été renforcés par l’économie florissante des États-Unis. Quoi qu’il en soit, les propriétaires de sociétés privées et les investisseurs ont toujours perçu les acquisitions comme un élément clé de leurs objectifs de croissance globaux.

Pour ceux qui cherchent à vendre une partie ou la totalité d’une entreprise, le contexte semble prometteur. Les grandes quantités d’argent liquide figurant au bilan de nombreuses entreprises, de même que la croissance soutenue et la diversité des participants du marché des capitaux privés signifient que les propriétaires d’entreprises de grande qualité pourraient récolter les fruits d’un marché favorable au vendeur, où ces entreprises se font rares.

En 2016, les F&A demeurent au cœur des stratégies des acheteurs aussi bien que des vendeurs d’entreprise

Enjeux
Bien que le marché des sociétés ouvertes comprenne de nombreux acquéreurs en série, les sociétés privées ont habituellement moins d’expérience et de ressources pour tirer parti des occasions de transformation avant et après les acquisitions. Par ailleurs, peu de sociétés privées possèdent les compétences requises pour gérer les complexités liées à la structuration et au financement de ce genre d’ententes, puis à l’intégration de l’entreprise acquise. À cela s’ajoute la nécessité de diriger l’entreprise existante dans un marché hautement concurrentiel.

Ceux qui souhaitent vendre une partie ou la totalité de leur entreprise font face à des difficultés semblables, car en général, ils possèdent une expérience limitée lorsqu’il s’agit de décrire la proposition de valeur de leur entreprise, plus particulièrement dans des termes qui retiendront l’attention d’un investisseur averti. Entre-temps, la tendance à limiter l’affectation des principales responsabilités à l’équipe de la haute direction soigneusement constituée, et à limiter les dépenses en technologies clés et en systèmes de communication des informations, complique davantage la maximisation de valeur dans le processus de vente.

Enfin, savoir simplement à qui l’on peut faire confiance est une grande préoccupation pour tous les intervenants. Comme l’indique Doug McDonald, associé, Conseils en F&A de Deloitte Sociétés privées, « Connaître l’acheteur, savoir ce qu’il recherche et comment il se comporte pendant et après une acquisition sont des éléments tout aussi importants que de trouver un acheteur au départ. Il n’y a rien de plus frustrant pour un actionnaire en transition que de voir une entente échouer après des mois de travail simplement en raison d’écarts entre les attentes et la réalité.

Par conséquent, les éléments essentiels à un programme d’acquisition fructueux sont notamment une étude de marché détaillée pour identifier les cibles, la définition de critères d’acquisition rigoureux et précis, la création d’un entonnoir d’occasions, un suivi sans relâche et la création d’une proposition de valeur qui ne se borne pas à l’aspect monétaire.

La réussite tient à l’élaboration d’une proposition de valeur unique et percutante

Occasions
Les entreprises familiales et autres sociétés privées peuvent prendre des mesures pour augmenter la probabilité de réussite au sein du marché des F&A. Cela veut dire effectuer régulièrement des analyses de marché afin de déterminer les grandes tendances et la réaction des concurrents, en plus d’élaborer et de surveiller l’entonnoir d’ententes de façon soutenue. Traiter ces démarches comme des impératifs stratégiques, et en entretenant des relations avec des conseillers et intermédiaires clés, elles augmenteront le nombre d’ententes potentielles et gardera le canal de communication ouvert avec les.

De plus, la participation de ressources internes et externes suffisamment compétentes et évoluées pour agir rapidement lorsqu’une transaction se présente sera le plus grand gage de réussite d’un processus concurrentiel. Et par-dessus tout, il faut rester concentré et mener une enquête. Si une cible ne répond aux critères de l'entreprise, il faut passer à autre chose.

Le marché est favorable aux vendeurs de sociétés privées. Les entreprises de qualité, qui se font rares dans les meilleures conditions, le sont encore plus aujourd’hui. Et la disponibilité du capital est plus élevée que jamais.

Cependant, la réussite tient à l’élaboration d’une proposition de valeur unique et percutante. Une fois que celle-ci a été créée, le fait de rencontrer les bonnes sociétés de capital-investissement aidera l'entreprise à la mettre à l’épreuve de façon confidentielle, sans l'exposer l’entreprise au marché.

Ensuite, lorsque l'entreprise sera en mesure de sa votre proposition de valeur de manière à retenir l’attention d’un investisseur, vous devriez envisager un processus officiel pour accéder à des liquidités. Ici, il est essentiel de l’aide de vos conseillers de confiance. Après tout, l’exécution d’un processus de F&A fructueux relève de leur expertise, tandis que la force du propriétaire, c’est d’exploiter son entreprise.

Auteur

Eric Michaund
Directeur principal, Financement Corporatif Deloitte Inc.
ermichaud@deloitte.ca
 

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