Points de vue

Mondialisation

Compte tenu de la relative faiblesse du dollar canadien en 2016, la réalisation d’acquisitions à l’étranger, en particulier aux États-Unis, s’est avérée difficile pour bon nombre de sociétés canadiennes. L’expansion internationale demeure toutefois un moyen intéressant d’accroître ses activités, et de nombreuses sociétés canadiennes ont recours à une telle stratégie. Nous pouvons nous attendre à ce qu’elles poursuivent leurs efforts en 2017. Les entreprises qui ont l’intention d’accroître leurs activités à l’étranger devront être bien préparées, car les obstacles seront nombreux et variés. Des recherches approfondies et un examen minutieux seront nécessaires pour déterminer les facteurs susceptibles d’influer sur les projets d’expansion.

Enjeux

Le choix du marché ciblé constitue l’un des plus grands défis que présente l’expansion à l’étranger. Une multitude de facteurs doivent être pris en considération, y compris l’emplacement physique, la volatilité des devises, le contexte fiscal et juridique, les perspectives économiques, la disponibilité d’une main-d’œuvre locale, et plus encore. Dans certains cas, il est possible que les sociétés fermées ne possèdent pas l’infrastructure adéquate ni les ressources nécessaires pour effectuer un contrôle diligent complet sur les marchés internationaux et prendre en compte les variables qui peuvent miner la rentabilité des placements internationaux.

La pénétration de marchés étrangers exige souvent de se conformer à des règles et à des réglementations qui diffèrent de celles au Canada et qui sont, dans bien des cas, moins transparentes. Il existe aussi des réglementations canadiennes qui pourraient avoir une incidence sur la réussite des efforts d’expansion d’une société, surtout en ce qui a trait à l’impôt. Les dirigeants de sociétés privées doivent comprendre et prendre en considération tous les aspects de l’équation de l’impôt (à la fois au Canada et dans le marché ciblé) afin de déterminer si une expansion à l’international est faisable.

« Compte tenu du fait que notre marché est relativement petit, une expansion à l’étranger est un facteur clé de la croissance des affaires et peut être une perspective attrayante, mais pour y parvenir, il est essentiel de se poser de sérieuses questions », explique Brian Brophy, associé et leader national de la Fiscalité, Deloitte Sociétés privées chez Deloitte S.E.N.C.R.L./s.r.l. « Les sociétés privées doivent être en mesure de bondir rapidement pour saisir des occasions, mais doivent aussi être sensibilisées aux risques et aux pièges qui peuvent faire toute la différence entre succès et échec. 

Les sociétés privées peuvent aussi prendre des mesures pour aborder le contexte réglementaire de plus en plus complexe dans des marchés clés à l’étranger.

Occasions

Pour les sociétés privées qui sont disposées à effectuer le contrôle diligent nécessaire à une expansion internationale couronnée de succès, les possibilités sont nombreuses. La pénétration de marchés mondiaux peut leur offrir un accès à une nouvelle clientèle, à de nouveaux marchés de l’emploi et à de nouvelles sources pour leurs matériaux. Une clientèle élargie peut offrir des possibilités d’explorer des produits différents ou des gammes de services différentes. L'ouverture à un nouveau marché de l’emploi peut permettre l’accès à un bassin de ressources qui pourrait améliorer les économies des marchés locaux et permettre de consolider la réputation d’une société qui appuie l’économie locale. En dernier lieu, l’identification de nouvelles sources pour les matériaux pourrait se traduire par des gains d’efficience, une baisse des coûts liés aux processus de fabrication et de nouvelles options à l’égard des chaînes d’approvisionnement.

Les sociétés privées peuvent aussi prendre des mesures pour aborder le contexte réglementaire de plus en plus complexe dans des marchés clés à l’étranger. Les leaders de la fiscalité pourraient être en mesure de réduire leurs risques fiscaux au Canada et à l’international au moyen d’initiatives comme l’augmentation de l’utilisation de crédits pour impôt étranger, l’adoption de stratégies de financement efficientes d’un point de vue fiscal, ainsi que l’utilisation et le rapatriement efficaces des fonds à l’étranger. En outre, ils devraient aussi prévoir de cibler des initiatives à l’étranger qui pourraient avoir une incidence sur certains avantages fiscaux d’importance. Dans certains cas, il est possible que les sociétés fermées souhaitent restructurer leurs activités à l’étranger afin de former des entités en exploitation plus efficientes d’un point de vue fiscal.

Les sociétés privées peuvent aussi prendre des mesures pour aborder le contexte réglementaire de plus en plus complexe dans des marchés clés à l’étranger.

Questions à prendre en considération en 2017 :

  • Quelles stratégies utilisez-vous pour vous informer à l’égard de nouveaux marchés et ainsi comprendre les objectifs des principaux organismes de réglementation et responsables des politiques?
  • Comment prévoyez-vous gérer le transfert de connaissances des équipes de développement au secteur de la production dans des marchés internationaux?
  • Votre structure de déclaration fiscale est-elle bien organisée pour gérer une surveillance accrue de la part des organismes de réglementation externes?

Auteur

François Champoux
Associé leader des services de fiscalité transfrontalière, Québec
fchampoux@deloitte.ca

 

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